Déclaration Préliminaire de la CGTPJJ DIR SUD

CSA de la Direction Interrégionale Sud du 17/02/2026

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Madame la Présidente,

Ce qui traverse aujourd’hui la démocratie de notre pays est sans comparaison depuis la seconde guerre mondiale. Le mensonge est partout, la vérité des faits de moins en moins relayée par des politiques sans scrupules qui instrumentalisent les drames de sang à leurs seules fins politiques. Cette « logocratie » nous envahit ! Et lorsque nous tenons à rétablir la vérité et mettre fin au mensonge ou à cette possible méprise, fusse-t-elle venir de notre ministre, la CGTPJJ se fait tancer. Oui, comme un enfant !

Nous sommes irresponsables de son point de vue. Or, notre responsabilité syndicale, nous la vivons comme un indispensable de la démocratie, rappelons que : « la tyrannie n’arrive pas avec le bruit des bottes, mais avec le silence des pantoufles ». La Circulaire de politique pénale et éducative relative à la justice des mineurs du 11 février 2026 vient préciser les ambitions que notre Garde des sceaux a pour notre administration, « la protection de la jeunesse » comme il la nomme. Pour rappel, la loi de décentralisation de 1983 transfère au département la compétence en matière de « protection de l’enfance ». L’éducation surveillée versant pénal de la « protection de la jeunesse » quant à elle devient Protection Judicaire de la Jeunesse en 1990, attachée au ministère de la justice. Il serait bon que notre ministre de la justice saissise le caractère judicaire de la protection de notre jeunesse. Pour revenir à cette circulaire, faire croire qu’on fait du neuf est un leurre. Nous voila donc obligés de refaire un point historique et d’user de notre devoir de mémoire. Les UJPE sont loin d’être une innovation sortie de la tête de notre Garde des sceaux. Ils se sont appelés ISES, FAE, EPEI, CPI, EPE, EPPOO, UEHC, … Les hébergements à la PJJ ont toujours été les piliers de notre institution. Ce que propose Monsieur DARMANIN avec les UJPE n’a donc rien de novateur. Cela existait déjà et a été démantelé par ses
prédécesseurs. A l’image de la Ferme de Champagne, lieu historique et centre d’observation de la PJJ qui a connu l’entièreté des hébergements de l’éducation surveillée à la Protection Judicaire de la Jeunesse.

Nous déplorons que la PJJ reste la variable d’ajustement des ministres ambitieux qui répondent hâtivement aux évènements médiatiques par des circulaires et réformes. En lien avec votre ordre du jour, Madame la Présidente, la Note relative à la politique de contrôle interne à la DPJJ et ses annexes en date du 1er février 2023 s’inscrit dans cette course frénétique à répondre toujours plus vite et sans réflexion aux faits divers aussi dramatiques soient-ils. Cette Note est censée impulser un caractère protectionnel de notre hiérarchie. Effectivement le contrôle hiérarchique qui y est décrit comme « brique de base du contrôle interne, et qui s’inscrit dans une logique préventive de gestion des risques ». Or, le guide que vous nous présentez trois ans après ladite note, arrive dans une temporalité et contexte très dégradés sur la région dont vous êtes la Directrice. Une Région émaillée de tragédies et de souffrances au travail. Pour illustrer la déconnexion de notre hiérarchie, nous nous interrongeons sur le rôle et la responsabilité de la ligne hiérarchique pour qu’un service puisse être déménagé
six ans après des alertes en CHSCT puis CSA SST dans des locaux non conformes « réglementairement » pour accueillir notre public !!! Un non-sens pour notre service public. Six ans, pour bâtir le seul et premier UEMO de France à ne pas accueillir du public ! Du génie ! Quelle ligne hiérarchique peut-elle valider un tel projet abérrant et incohérent ? Quelles sont les degrés de responsabilité de chacun dans cette farce ? Devons-nous vous rappeler que nous accueillons des jeunes en conflit avec la loi, des
familles vulnérables et en souffrance ? Où pouvons nous les accueillir ? « Au café du coin » ou dans une salle que nous louerons hors de nos murs ? Quel mépris ! Mépris institionnel pour les agents et notre public ; mépris de nos difficultés et nos conditions de travail.

Ce que nous dénonçons, c’est pour notre public. Un pas, espérons-le involontaire, de
plus effectué « en pantoufle ». Madame la présidente, jusqu’où le mépris se portera ? A quel moment votre vision du management commencera à considérer les agents comme de réels experts de leur
métier et à enfin leur faire confiance ? La confiance ne se dicte pas, elle se gagne par des actes forts. A ce jour, de votre part, nous les attendons encore. C’est pourquoi, Madame la Présidente, nous ne siégerons pas au CSA-IR de ce jour.
Les élus et élues CGTPJJ Sud

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