Déclaration liminaire du CSA FS de la DT 34 du 19 novembre 2025
Propos préliminaire
Avant toute chose, nous ne pouvons débuter cette instance sans avoir une pensée émue quant à la disparition de notre camarade et collègue Aline BEAUDUCEL, éducatrice PJJ à l’UEMO de Rodez, dont nous saluons l’engagement plein et entier.
Monsieur le président,
C’est dans un contexte politique et national particulièrement anxiogène que se tient ce CSA formation spécialisée.
En effet, alors qu’un ancien président de la République a passé seulement vingt jours derrière les barreaux suite à une condamnation de cinq ans de prison, nous appelons de nos vœux que nos mineurs détenus bénéficient de la même bienveillance quant à leur situation de détention et à leurs possibilités de remise en liberté.
De plus, l’annonce de la condamnation de Nicolas Sarkozy a été l’occasion, pour nombre de responsables politiques de haut rang, de s’attaquer à la justice dans son ensemble, et aux juges en particulier. L’État de droit ne tient que par l’indépendance de sa justice. Or, ces attaques viennent s’ajouter à une attaque encore plus pernicieuse : le manque de moyens criant et constant dont souffre notre administration.
En outre, ces mêmes responsables politiques dénoncent régulièrement un soi-disant « laxisme » de cette même justice envers les jeunes dont nous assurons l’accompagnement éducatif. Comme si la justice n’était pas juste et qu’elle devait épargner les puissants. Nous dénonçons cette vision inique d’une justice de classe.
Enfin, nous nous interrogeons sur le choix de notre ministre d’aller rendre visite, en détention, à un fraîchement condamné au nom de leur amitié. Nous aurions aimé que monsieur le ministre vienne visiter les services des agents du ministère de la Justice, être auprès de ceux qui œuvrent au quotidien pour faire vivre les valeurs de notre administration. En somme, qu’il ait un peu plus d’égard envers les agents de son ministère que pour un multimillionnaire multi-condamné. La légèreté de cette visite n’est d’ailleurs pas passée inaperçue pour la justice. Car, et c’est assez cocasse pour le relever, notre ministre de la Justice, ancien ministre de l’Intérieur, est cité dans un contrôle judiciaire, ce qui est inédit.
Les choix de notre ministre viennent mettre à mal la crédibilité de notre administration auprès de nos jeunes, qui vivent cette séquence politique comme une injustice totale. Qu’allons-nous répondre à un mineur fraîchement condamné pour association de malfaiteurs ? De ne pas s’en faire ? Qu’il recevra la visite du ministre de la Justice ? Qu’il sera libre sous vingt jours ?
Notre demande de prévenance de la part de notre ministre pour les agents de notre administration n’est pas fortuite. Ce CSA est d’ailleurs dédié à la santé et à la sécurité au travail. Et il y a fort à dire en la matière.
Ce que nous regrettons à la lecture des documents envoyés, c’est qu’ils ne reflètent pas la réalité des agents sur le terrain. Ces outils sont tellement formatés qu’ils ne relatent pas les difficultés vécues et subies. Nombre d’agents sont en souffrance quant à leur mission et aux moyens octroyés, comme en atteste le dernier bilan CJPM. Ces tensions, amplifiées avec la réforme de la justice des mineurs, sont récurrentes. Nous saluons l’existence de ces documents, mais qu’en est-il des difficultés qu’ils ne font pas apparaître ? Le management questionnant de certains cadres ? Le mal-être au travail ? L’épuisement lié à l’augmentation de la charge de travail ? Et surtout, que fait notre administration face à ces situations qui ne sont pas seulement individuelles mais, et nous le déplorons, structurelles ?
Nous pouvons aussi nous questionner quant au faible taux de remplissage des registres, ce qui vient de facto lisser les difficultés énoncées plus haut. Nous constatons que l’ensemble des agents ne connaît pas l’existence de cet outil. Et ceux qui le connaissent se sentent-ils assez sécurisés pour l’employer sans risque, supposé ou réel, de retombées ? Ces difficultés existent et ressortent lors des HMI, alors que nombre de ces situations relèvent de mentions sur ce registre.
En cela, nous tenons à vous rappeler qu’en vue de ce CSA FS, nous vous avions adressé plusieurs demandes qui n’apparaissent pas à l’ordre du jour. Ces dernières étaient :
La mise en place d’un planning annuel de visites des services du territoire.
L’analyse des accidents de service ayant eu lieu sur le territoire.
La transmission du type d’aménagement de postes par service sur le territoire.
La transmission du bilan social par service.
La communication du bilan des médecins de prévention.
Certains de ces points ont été évoqués rapidement lors de notre dernière audience bilatérale et nous pensions avoir certaines réponses et documents ce jour. Cela sera-t-il le cas ?
Nous sommes également surpris qu’à l’ordre du jour ne soit pas mentionnée la validation des comptes rendus des derniers CSA. Pour lesquels, vous le savez, nous avons des différends.
Vous trouverez la CGT toujours du côté du bien-être des agents. Car c’est par ses agents que la PJJ entend exercer ses missions.