Déclaration liminaire CSA Gard Lozère du 21 septembre 2026

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COMITÉ SOCIAL D’ADMINISTRATION – CSA TERRITORIAL GARD-LOZÈRE

DÉCLARATION LIMINAIRE DU 21 SEPTEMBRE 2026

Monsieur le Président du CSA,

Nous souhaitons, en ouverture de cette instance, rappeler que les questions de santé, de sécurité et de conditions de travail ne peuvent être considérées comme de simples sujets techniques ou administratifs. Elles sont le reflet direct des choix opérés dans notre administration et des moyens qui lui sont consacrés.

À la Protection judiciaire de la jeunesse, les conditions de travail continuent de se dégrader. Les personnels sont confrontés quotidiennement à des charges de travail toujours plus importantes, à des équipes fragilisées par des situations RH dégradées et à une perte de sens dans nos missions. Ces éléments pèsent directement sur la santé physique et psychologique des agents.

Notre territoire 30-48 n’est pas exempt de cette dégradation et notre organisation syndicale n’a eu de cesse, depuis des années, d’alerter sur ces sujets.

Pour la CGT-PJJ, il ne peut pas être demandé aux personnels de la PJJ de faire toujours plus avec toujours moins, tout en leur demandant de garantir une prise en charge de qualité des jeunes qui nous sont confiés.

Derrière les tableaux de suivi et les indicateurs, il y a des femmes et des hommes qui travaillent parfois dans des conditions qui ne leur permettent plus d’exercer leur métier sereinement.

La santé et la sécurité au travail supposent pourtant de s’attaquer aux causes réelles de la dégradation des conditions de travail.

La prévention des risques psychosociaux ne peut plus se limiter à des formations ou à des dispositifs d’écoute lorsque les organisations de travail elles-mêmes génèrent de la surcharge, de l’épuisement et du mal-être.

La CGT-PJJ rappelle que la prévention des risques professionnels ne peut être effective sans moyens RH suffisants, sans locaux adaptés et sans permettre aux agents d’exercer leurs missions dans des conditions dignes et sécurisées.

La CGT-PJJ refuse que la souffrance au travail soit renvoyée à la seule responsabilité individuelle des agents.

Lorsque les difficultés deviennent structurelles, c’est l’organisation du travail et les politiques publiques qui doivent être interrogées.

La CGT-PJJ souhaite également inscrire ces questions dans un contexte social et politique plus large. Les personnels de la PJJ, comme l’ensemble des agents publics, subissent de plein fouet une dégradation de leur pouvoir d’achat, avec notamment l’annonce du gel du point d’indice des fonctionnaires.

Les salaires ne suivent plus l’augmentation du coût de la vie tandis que les dépenses contraintes continuent de progresser.

L’explosion du prix des carburants reste également problématique pour les personnels de la PJJ.

La CGT-PJJ interroge donc l’administration : comment envisage-t-elle de soutenir ses agents face à ces dépenses pourtant indispensables pour venir travailler chaque jour ?

Protéger les personnels, c’est protéger le service public. Donner aux agents les moyens d’exercer correctement leurs missions, c’est aussi garantir aux jeunes et à leurs familles une prise en charge de qualité.

Concernant le CSA-SST de ce jour, la CGT-PJJ souhaite établir un bilan depuis votre arrivée :

En sept ans de mandat, un seul projet de service a été validé.

Monsieur le Président, comment l’expliquez-vous, alors même que ce document constitue un cadre permettant de sécuriser les conditions de travail de l’ensemble des agents ?

Les locaux de Bagnols-sur-Cèze prennent toujours l’eau.

Monsieur le Président, reconnaissez-vous que la gestion globale de ce dossier a été problématique, déplorable et maltraitante pour l’ensemble des agents de cette unité ?

Notre territoire a connu deux contrôles de dysfonctionnement concernant deux services.

Notre organisation syndicale s’interroge : où en sont les plans d’action et pourquoi ces derniers ne nous ont-ils pas été présentés dans le cadre des instances de dialogue social ?

Comment expliquez-vous que ces deux contrôles de dysfonctionnement aient été initiés par la CGT-PJJ, malgré les nombreux éléments préoccupants dont l’administration aurait dû se saisir en amont ?

Le climat entre les hiérarchies et les agents s’est dégradé. La CGT-PJJ n’a cessé d’alerter sur cette situation sans qu’aucune réponse ne soit apportée, alors même que la DT 30-48 affichait une politique de qualité de vie et des conditions de travail.

Comment expliquer le climat déshumanisé qui s’est installé, depuis votre arrivée, à tous les échelons ?

Monsieur le Président, notre organisation syndicale se désolidarise de ces dysfonctionnements, qui vont à l’encontre d’une politique de QVCT digne de ce nom.

En témoignent l’alerte du médecin du travail, la multiplication des accompagnements individuels réalisés par notre organisation syndicale et les entretiens de recadrage déguisés qui semblent devenir la norme dans certains services.

Votre mandat a été jalonné de pertes de postes et de tensions RH sur l’ensemble des services du territoire.

Ce contexte a alimenté un sentiment d’insécurité permanent pour les agents.

La CGT-PJJ rappelle que nous avons perdu trois postes sur le territoire il y a deux ans.

Monsieur le Président, la CGT-PJJ s’interroge sur la réalité du pouvoir d’action de votre Direction territoriale.

La restructuration de l’UEMO des Arènes, à laquelle la CGT-PJJ s’est fortement opposée, a conduit à isoler une UEMO et soulève de réelles questions en matière de santé et de sécurité au travail.

Là encore, Monsieur le Président, pourquoi ne pas vous appuyer sur l’expertise de la CGT-PJJ, qui reste un syndicat de propositions constructives ?

Concernant la restructuration des secteurs au niveau territorial, la CGT-PJJ a été force de propositions.

Celles-ci ont systématiquement été rejetées par l’administration, sans que nous soyons entendus, ni même sollicités, voire en étant écartés.

Pourriez-vous nous expliquer sur quoi se fonde ce mépris ?

Cela s’applique également aux agents du territoire, souvent sollicités mais trop peu écoutés.

Cette tutelle de la Direction territoriale signifie-t-elle que vous considérez les agents incapables d’élaborer eux-mêmes leurs modalités de travail ?

Assistons-nous à une parodie de démocratie sociale ?

En matière de santé et de sécurité au travail, notre organisation syndicale interroge également la gestion des agents du CEF qui ont été missionnés dans différents services durant la période des travaux, en dehors de tout cadre clairement établi.

Là encore, la CGT-PJJ a été force de proposition et d’opposition, tant au niveau territorial que régional.

Pourquoi, Monsieur le Président, avoir choisi la solution la plus défavorable aux agents du CEF ?

Gestion des RRSE en milieu ouvert hors MEAT

Aujourd’hui, la surcharge de travail des agents en milieu ouvert est réelle et ne cesse d’augmenter.

Comment pouvez-vous encore envisager d’accroître cette activité, notamment concernant les RRSE hors MEAT, toujours à moyens constants ?

La CGT-PJJ questionne également l’absence totale, depuis plusieurs CSA-SST, de consultation des cahiers Hygiène et Sécurité.

Monsieur le Président, comment parler de santé au travail lorsque l’administration n’utilise même pas ses propres outils en matière de prévention et de SST ?

Notre organisation syndicale n’a par ailleurs jamais eu accès aux différents DUERP des unités pour consultation.

Comment pouvons-nous prétendre construire une véritable politique territoriale de santé et de sécurité au travail lorsque les organisations syndicales n’y sont même pas associées ?

Comment pouvez-vous également valider qu’un directeur de service modifie unilatéralement un DUERP à l’issue de rencontres avec les agents de prévention de son service ?

Monsieur le Président, il s’agit de votre dernier CSA.

Là encore, nous questionnons l’annulation du CSA prévu le 16 octobre alors même que l’agenda social avait été acté dès le début de l’année 2026.

Nous le déplorons car ces instances de dialogue social sont essentielles lorsqu’il s’agit de santé, de sécurité et de conditions de travail de l’ensemble des agents.

Cela démontre, une nouvelle fois, le mépris à l’égard du dialogue social que nous n’avons eu de cesse de dénoncer durant votre mandat.

Monsieur le Président, nous souhaitons que vous puissiez tirer les enseignements de ces négligences du dialogue social dans le cadre de votre future prise de poste.

En tant que représentants du personnel élus démocratiquement, nous avons observé une dégradation significative des conditions de travail des agents du 30-48, ainsi que de nombreuses gestions individuelles problématiques.

Dès lors, une question demeure : pourquoi n’y a-t-il jamais eu de contrôle de dysfonctionnement au niveau de la Direction territoriale 30-48 elle-même ?

Les élus, représentants des personnels du Gard-Lozère

CGT-PJJ Région Sud

30-48@cgtpjj.fr

www.cgtpjj.fr
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