Contrôle de dysfonctionnement à l’UEMO Les Arènes
Contrôle de dysfonctionnement à l’UEMO Les Arènes
Réécrire le réel : un récit qui n’engage que l’administration
Un contrôle de dysfonctionnement se déroule du 27 au 29 janvier 2026 au sein de l’UEMO Les Arènes, unité rattachée au STEMO de Nîmes.
Faire aujourd’hui de la cohésion d’une équipe un dysfonctionnement en soi, c’est déjà réécrire le réel.
Présenté comme un outil de compréhension et de prévention, ce contrôle intervient pourtant dans un contexte lourd et conflictuel, marqué par une longue série d’alertes restées sans réponse.
Des alertes anciennes restées sans réponse
La CGT-PJJ tient à rétablir un fait essentiel : ce contrôle ne procède ni d’une volonté anticipée de prévention, ni d’une démarche partagée de l’administration. Il est la conséquence directe d’alertes anciennes et répétées portées par notre organisation.
Dès notre déclaration liminaire du 4 juillet 2025, puis lors de la bilatérale du 24 juillet 2025 et du CSA du 10 octobre 20205 nos inquiétudes ont été clairement exprimées, sans suite concrète. Elles ont été renouvelées dans un tract du 13 octobre 2025, là encore sans réponse.
À cette période, pourtant, tous les indicateurs sont déjà au rouge :
- Relations hiérarchiques dégradées
- Explosion de l’activité de la PEAT sans moyens supplémentaires
- Fatigue accumulée
- Perte de sens
Face à cette inertie persistante, les agents n’ont eu d’autres choix que de se tourner vers le médecin du travail.
Ce n’est qu’à la suite d’un courrier particulièrement alarmant du médecin, évoquant une usure professionnelle avancée et des risques psychosociaux graves, que ce contrôle a été concédé, parmi d’autres mesures, lors du CSA de novembre 2025.
Une lecture des faits qui interroge
Ce contexte pèse lourdement sur la lecture que l’administration cherche aujourd’hui à imposer.
Dès lors un glissement sémantique s’opère : les difficultés ne relèveraient plus de l’organisation du travail ni des choix managériaux, mais des relations entre agents. Le problème ne serait plus la manière dont le travail est prescrit et piloté, mais les professionnels eux-mêmes, subtilement (ou pas) désignés comme responsables de leur propre malêtre.
L’administration va jusqu’à invoquer l’existence d’une supposée « pensée collective » qui s’imposerait aux agents, les privant de leur libre arbitre.
Autrement dit, des professionnels expérimentés, engagés et responsables seraient incapables de penser par eux-mêmes !
Cette lecture, empreinte d’infantilisation et de paternalisme, révèle un management d’un autre temps : plutôt que d’interroger ses propres pratiques, l’institution préfère disqualifier la parole collective, réduire les alertes à un problème d’attitude et transformer la souffrance au travail en défaillance individuelle. Une analyse aussi commode que révélatrice.
Cette lecture est pourtant formellement démentie par l’équipe. Les agents réfutent l’existence de conflits internes ou de tensions interpersonnelles et décrivent, au contraire, une équipe soudée, solidaire et professionnelle. Aucun élément factuel ne vient étayer l’hypothèse de tensions relationnelles aujourd’hui avancée.
Le contrôle externe de mars 2025
Il convient par ailleurs de rappeler que le STEMO a fait l’objet d’un contrôle externe en mars 2025.
Il serait non seulement légitime, mais indispensable, de confronter les analyses actuelles aux observations issues de ce contrôle, qui portait en partie sur les risques psychosociaux, les conditions de travail, l’activité PEAT, les relations hiérarchiques, l’organisation du travail, ainsi que la lisibilité et la qualité de la communication managériale.
Fait révélateur : si ce rapport dresse le portrait d’une équipe expérimentée, engagée, dynamique et reconnue pour son professionnalisme, il interroge en revanche à plusieurs reprises la gouvernance du service, notamment au regard des enjeux de bientraitance institutionnelle, d’éthique et du soutien aux équipes et ce n’est pas la CGT-PJJ qui le dit…
Le DUERP ne peut devenir un outil de narration a posteriori
Ce déplacement de responsabilité se manifeste jusque dans les outils.
Le DUERP, placé sous l’autorité du directeur de service, a été modifié unilatéralement le 15 janvier 2026, soit onze jours avant le contrôle. Y apparaissent désormais des « tensions entre agents », alors même que le document mentionnait jusqu’alors leur absence.
À quelques jours du contrôle, l’unité des Arènes devient dorénavant concernée par des tensions internes, sans fait nouveau, sans alerte formalisée.
Ce changement interroge à minima par sa temporalité, sa subjectivité et ses effets : il inverse la causalité et fait porter aux agents la responsabilité de leur propre souffrance.
Un périmètre d’audition qui interroge
Si les contrôleurs disposent, en principe, d’une latitude dans le choix des personnes auditionnées, la manière dont le périmètre des auditions a été arrêté soulève une difficulté majeure.
Comment admettre que la ligne hiérarchique, elle-même potentiellement concernée par les faits examinés, ait pu orienter, voire déterminer, la liste des professionnels à entendre ? Dans quel objectif, sinon celui de cadrer le récit et de maîtriser la contradiction ?
De la même façon, l’absence des élus du CSA en formation spécialisée Gard-Lozère interroge : pourtant à l’origine des alertes, et pleinement légitimes au regard de leurs prérogatives en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, ceux-ci n’ont pas été spontanément conviés. Ils le seront finalement le 04 février mais à leur demande.
Enfin, comment justifier que le médecin du travail, à l’origine même du déclenchement de la procédure, ne figure pas parmi les personnes auditionnées ?
Des pressions qui aggravent la situation
À cela s’ajoutent des pressions aussi inutiles qu’irresponsables.
Des propos récents, y compris émanant de la direction territoriale, laissent entendre que ce contrôle serait irréversible et que des décisions pourraient être prises contre la volonté des agents.
Dans une équipe déjà fragilisée, ces déclarations ont été vécues comme de véritables menaces.
Comme si la souffrance exprimée ne suffisait pas, l’administration indique par ailleurs que cette UEMO serait susceptible d’être concernée par un plan de restructuration dans le cadre de la réforme des UJPE.
Depuis, des projets semblent s’improviser, notamment la création envisagée d’une UEAT, sans concertation préalable des équipes, et parfois avant même la fiabilisation des informations transmises.
Dans ce contexte, nous craignons sincèrement que la souffrance des agents ne soit ni entendue ni prise au sérieux, et qu’elle soit reléguée au second plan au profit de décisions déjà écrites.
Une seule question devrait guider ce contrôle :
Les conditions actuelles permettent-elles aux agents d’exercer leur métier sans mettre en danger leur santé ?
Tout choix qui s’éloignerait de cette exigence ne ferait que prolonger le mal-être au lieu de le traiter.
La CGT-PJJ tient à exprimer sa confiance à l’égard des contrôleurs, appelés à exercer leur mission dans un contexte complexe, sensible et fortement chargé humainement.
Pour autant, notre organisation restera pleinement attentive aux suites qui seront données à ce contrôle, tant dans leur contenu que dans leurs effets concrets sur les agents et le service.
• Parce que la santé au travail ne saurait être une variable d’ajustement ;
• Parce que la cohésion d’une équipe n’est pas une faute ;
• Parce que la prévention exige loyauté, et le contrôle, impartialité.
Cont@ct : 30-48@cgtpjj.fr
Vos représentants du personnel CGT-PJJ
Élus au CSA Gard Lozère