UEHDR La Roseraie TOULON : Quand la crise en engendre une autre

UEHDR refuse d’être la variable d’ajustement de l’administration

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UEHDR LA ROSERAIE – TOULON
Quand une crise en engendre une autre : l’UEHDR refuse d’être la variable d’ajustement de l’administration
Publié le 19 juin 2026.

La suspension de l’activité de l’UEHC de l’Escaillon est le résultat d’un épuisement des professionnel·les, d’une dégradation des conditions de travail et de l’accueil des jeunes. À cette situation déjà critique s’est ajoutée la disparition dramatique d’un collègue, aggravant encore les difficultés rencontrées par l’équipe.

Pour la CGT PJJ Sud-Est, cette crise aurait dû être anticipée. Malgré de multiples alertes, l’administration n’a pris la mesure de la situation qu’après plusieurs semaines, au détriment de la santé des agent·es et de la qualité de l’accompagnement éducatif.

Une décision imposée sans concertation

Dans ce contexte, l’équipe de l’UEHDR de la Roseraie a appris, sans consultation préalable, le transfert de plusieurs jeunes issus de l’UEHC de l’Escaillon, pourtant identifiés comme inscrits dans une dynamique collective particulièrement complexe.

Les informations transmises aux professionnel·les sont jugées insuffisantes et peu transparentes. Aucune communication officielle n’aurait été formalisée concernant les modalités de suspension de l’UEHC de l’Escaillon ni les réorientations envisagées.

Or, l’UEHDR de la Roseraie sort tout juste d’une importante phase de réorganisation et retrouve progressivement un équilibre de fonctionnement. La réintroduction d’un collectif de jeunes déjà identifié comme particulièrement difficile risque de fragiliser :

  • les jeunes actuellement accueillis ;
  • les jeunes réorientés ;
  • les professionnel·les ;
  • la cohérence éducative récemment reconstruite.

L’équipe refuse de reconstituer un collectif fragilisé et dysfonctionnel. Chaque situation doit faire l’objet d’une évaluation individualisée afin de garantir une orientation réellement adaptée aux besoins éducatifs des mineurs concernés.

Des pressions dénoncées par les professionnel·les

Selon l’équipe de la Roseraie, la situation s’accompagne de nombreuses pressions exercées pour assurer la continuité du service à l’UEHC de l’Escaillon :

  • injonctions individuelles et collectives adressées aux agent·es ;
  • sollicitations particulières visant les personnels contractuels du fait de leur précarité ;
  • culpabilisation récurrente au nom de « l’intérêt des jeunes ».

Pour la CGT PJJ Sud-Est, ces méthodes interrogent directement la capacité de l’encadrement à prendre en compte les enjeux de santé, de sécurité au travail et de gestion des équipes.

Une expérimentation stoppée brutalement

À cette situation s’ajoute l’arrêt brutal d’une expérimentation décidée par la DPJJ. Cette décision fragilise immédiatement deux postes essentiels au fonctionnement de l’UEHDR ainsi que la stratégie éducative construite collectivement par les professionnel·les.

Malgré des signaux favorables quant à leur maintien, aucune garantie officielle n’a été apportée à ce jour, laissant les personnels dans une situation d’incertitude préjudiciable à l’exercice de leurs missions.

Les revendications de la CGT PJJ Sud-Est

La CGT PJJ Sud-Est rappelle que les décisions relatives à l’accueil et à l’orientation des jeunes doivent être guidées exclusivement par leurs besoins éducatifs et non par des impératifs de gestion ou de réorganisation administrative. Aucun collectif ne doit servir de variable d’ajustement à une crise structurelle.

La CGT PJJ Sud-Est exige :

  • l’étude de solutions individualisées pour chaque mineur et une réorientation adaptée à chaque situation, incluant la dissolution du groupe problématique de jeunes de l’Escaillon ;
  • l’arrêt immédiat des pressions exercées sur les professionnel·les, notamment sur les personnels contractuels ;
  • le maintien de l’effectif RH lié à l’expérimentation ;
  • des conditions de travail sécurisées garantissant une prise en charge éducative de qualité ;
  • l’organisation d’une audience syndicale avec l’équipe.

Nous attendons des actes, pas des injonctions.

La défense des droits des jeunes passe nécessairement par la protection et le respect des professionnel·les qui les accompagnent au quotidien. Sans équipes reconnues, soutenues et sécurisées, aucune prise en charge éducative de qualité ne peut être durablement garantie.

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