DECLARATION LIMINAIRE CSA IR du 30 avril 2026
Madame la Présidente,
Concernant les UJPE, la CGTPJJ Sud-Est n’a cessé de dénoncer le passage en force de la transformation des hébergements en UJPE, qui suscite de vives inquiétudes quant aux conditions de travail des agents, la qualité de la prise en charge des mineurs et le sens même de nos missions au sein de la Protection Judiciaire de la Jeunesse.
Pour rappel, notre Organisation Syndicale a voté contre la version retenue par l’Administration du cahier des charges des UJPE.
Nous dénonçons un calendrier politique extrêmement resserré qui réduit le dialogue social à une simple formalité procédurale. Les orientations sont déjà actées nationalement. L’ensemble des professionnels doivent élaborer des projets de service prenant en compte une spécialisation dans des délais éclairs, ce qui nous fait douter quant à la clarté des consignes énoncées et à la concertation des agents de terrain.
A ce propos, il a déjà été annoncé que la finalisation des projets de service n’est pas contrainte à la date du 1er septembre et au vote du CSA FSSSCT avant cette échéance.
Nous constatons également que les adaptations immobilières qui nécessitent des travaux importants et de ce fait beaucoup de temps ne seront très certainement pas effectives au 1er septembre. La question de la sécurité, du bien-être au travail, des conditions d’accueil des mineurs se pose alors.
Concernant le nombre de mineurs accueillis en collectif, nous continuons de clamer qu’au-delà de 6 jeunes, la gestion de la dynamique de groupe peut apparaître compliquée pour les professionnels. Aussi, nous vous demandons de limiter les collectifs à 10 mineurs maximum, et ainsi de tirer des leçons des fonctionnements mis en place qui contribuent encore à mettre aujourd’hui en difficulté les adolescents pris en charge et les agents.
Nous regrettons aussi l’absence de plan de recrutement crédible annoncé concernant l’arrivée des infirmièr(e)s dans les futurs UJPE.
Parallèlement, les postes de Professeur Technique arriveront en janvier 2027, soit plus de 4 mois après le début de la mise en place, ce qui questionne là aussi sur la nécessité de mener cette transformation au pas de charge.
Rapport Social Unique 2025
S’agissant du Rapport Social Unique 2025, nous constatons que les remarques que nous avions effectuées ont, pour la plupart, bien été prises en compte.
Nous regrettons cependant le manque d’analyse sur l’augmentation des Temps Partiels Thérapeutiques.
Nous nous interrogeons également sur la diminution drastique des accidents de travail et d’une augmentation marquée des CMO. Doit-on y voir une certaine corrélation ?
Les agents doivent de plus en plus batailler afin de faire reconnaître l’imputabilité au service, un véritable parcours du combattant, où ces derniers doivent exercer des recours de manière quasi systématique. La DIR allant même parfois à l’encontre de l’avis médical. Notre DIR aurait-elle validé une qualification dans le domaine de la santé ?
Par ailleurs, nous constatons que le PAE pourrait bientôt atteindre les 900 agents au niveau de la DIR. Cela marque une augmentation significative mais qui, pour nous, reste insuffisante au regard des besoins sur les terrains, notamment en lien avec les conditions de travail et les facteurs organisationnels et relationnels qui ont un impact direct sur la santé mentale, physique et sociale des agents.
Aussi, nous constatons avec regret que le management et la maltraitance institutionnelle n’apparaissent pas clairement dans les facteurs d’absentéisme identifiés.
Nous déplorons ainsi l’absence de psychologue du personnel au sein de notre Administration, alors que toutes les autres Administrations du Ministère en sont dotées.
Nous constatons que l’accès au télétravail pour les agents reste toujours insuffisant. En effet, nous sommes au regret de constater que l’application des accords télétravail du 3 avril 2022 ne sont toujours pas suffisamment mis en application sur les territoires, souffrant souvent d’entrave des droits de la part de la hiérarchie.
Ajoutons que dans un contexte de crise géopolitique entrainant une augmentation du prix du carburant, l’Administration doit prendre des dispositions envers ses agents afin que ces deniers ne se voient pas placés dans une situation précaire.
Revendications de la CGT PJJ Sud-Est
Repenser le calendrier en donnant du temps au dialogue social.
Un collectif de 10 mineurs maximum en UJPE.
La révision du cahier des charges permettant notamment un doublement des nuits.
Un plan de formation et de titularisation pour les contractuels afin de parvenir à une fonction publique de fonctionnaires.
La CGT-PJJ Sud Est demande à ce que cette réforme s’accompagne d’une réflexion ambitieuse sur la diversification de l’offre de placement, comme le préconisaient les conclusions des états généraux du placement.
La CGT-PJJ Sud Est s’oppose au profilage des postes en UJPE, comme ailleurs.
Ouverture d’un concours pour les infirmier.es et création d’une grille salariale infirmier.es PJJ.
L’application des accords télétravail du 03 avril 2022.
La CGT PJJ Sud-Est continuera de défendre des conditions de travail dignes et une prise en charge éducative de qualité.