BOUCHES-DU-RHÔNE : DES ALERTES TOUJOURS PLUS NOMBREUSES, DES RÉPONSES TOUJOURS ATTENDUES
F3SCT DES BOUCHES-DU-RHÔNE : DES ALERTES TOUJOURS PLUS NOMBREUSES, DES RÉPONSES TOUJOURS ATTENDUES
Conditions de travail dégradées, risques psychosociaux en hausse, sous-effectifs chroniques : la situation continue de se détériorer dans les services de la PJJ des Bouches-du-Rhône.
Réunie lors de la Formation Spécialisée Santé, Sécurité et Conditions de Travail du 12 juin 2026, la CGT-PJJ 13 a rappelé que derrière les statistiques et les tableaux de bord se trouvent des professionnel·les confronté·es quotidiennement à une dégradation de leurs conditions de travail.
En ouverture de cette instance, la CGT-PJJ a également tenu à exprimer sa profonde émotion après le meurtre de Lyhanna et à rappeler une évidence trop souvent oubliée : lorsque les moyens manquent, les drames deviennent possibles.
Des risques psychosociaux qui continuent de progresser
Malgré une diminution des agressions physiques recensées, les signaux d’alerte restent nombreux :
* augmentation des accidents de service et de trajet ;
* multiplication des arrêts de travail ;
* surcharge de travail persistante ;
* manque de personnel ;
* usure des véhicules administratifs ;
* dégradation générale des conditions d’exercice.
Les alertes répétées des représentants du personnel restent trop souvent sans réponse concrète.
L’exemple révélateur de l’UEHC de Martigues
Depuis plusieurs mois, les professionnels de l’UEHC de Martigues alertent sur une situation devenue difficilement soutenable.
Sous-effectifs persistants.
Difficultés RH récurrentes.
Manque de soutien institutionnel.
Charge de travail excessive.
Les agents sont contraints de compenser les carences structurelles du service et d’assurer des missions qui dépassent parfois leur champ d’intervention habituel.
Cette situation n’est pas une fatalité. Elle résulte de choix organisationnels et du manque chronique de moyens alloués aux équipes.
CJPM : une réforme qui pèse lourdement sur les équipes
La CGT-PJJ 13 constate une nouvelle fois les conséquences du CJPM sur les conditions de travail des agents.
Multiplication des audiences.
Augmentation des écrits professionnels.
Délais toujours plus contraints.
Charge administrative croissante.
Déplacements fréquents.
Interventions dans des secteurs parfois sensibles.
Cette intensification permanente des missions produit des effets désormais visibles sur la santé des personnels :
* fatigue accrue ;
* stress chronique ;
* perte de sens ;
* dégradation de la qualité de vie au travail.
Il n’est donc pas surprenant que les risques psychosociaux liés à l’organisation du travail figurent parmi les principaux risques identifiés dans les DUERP.
Réorganiser sans consulter : une méthode inacceptable
La CGT-PJJ 13 a également dénoncé les modifications apportées aux bureaux du SE-EPM de Marseille sans consultation préalable des représentants du personnel.
Au-delà du manque de dialogue social, cette réorganisation a conduit à la suppression d’espaces de travail utilisés par les éducateurs pour la rédaction de leurs écrits professionnels.
La CGT-PJJ rappelle qu’aucune réorganisation ayant un impact sur les conditions de travail ne doit être décidée sans concertation préalable et sans évaluation de ses conséquences sur les équipes.
Nos revendications
* Des renforts humains immédiats dans les services en difficulté ;
* Une politique ambitieuse de prévention des risques psychosociaux ;
* Un allègement des normes de prise en charge afin de redonner du sens au travail éducatif ;
* Une consultation systématique des représentants du personnel avant toute réorganisation ;
* L’attribution de la NBI à tous les agents remplissant les conditions requises ;
* Des moyens à la hauteur des besoins réels des services.
Parce que la santé des agents n’est pas une variable d’ajustement.
Parce que la qualité de l’accompagnement éducatif dépend directement des conditions de travail de celles et ceux qui l’exercent.
Parce qu’il n’y a pas de protection de l’enfance sans professionnels respectés, soutenus et dotés des moyens nécessaires à leurs missions.