Déclaration liminaire de la CGT PJJ 93 De la Formation spécialisée Santé Sécurité au Travail

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Monsieur le Président,

En premier lieu, la CGT PJJ 93 tient à vous souhaiter la bienvenue sur ce territoire, en votre qualité de nouveau Directeur territorial de la Seine-Saint-Denis. Nous présentons également à tous les agents de ce territoire tous nos vœux pour l’année 2026.

Vous l’avez peut-être déjà observé depuis votre très récente arrivée. Si vous prenez les rênes aujourd’hui de ce département, vous n’êtes pas sans ignorer les particularités liées à ce territoire, tant au niveau de la précarité que de la délinquance, ayant des conséquences directes sur l’exercice des missions de la PJJ 93. Pour autant, les personnels de la PJJ 93 ont à cœur de travailler et de faire vivre ce territoire en lui rendant ses lettres de noblesse, sans occulter la souffrance qui en découle. Pas un corps de métier n’y échappe. Aussi, plus que du courage, la CGT PJJ 93 exigera de vous de l’ambition pour notre territoire.

Sur le cadre du CSA FS

Avant d’aborder l’ordre du jour, monsieur le président, nous souhaiterions commencer par de bonnes bases. Malgré nos demandes, à ce jour, nous ignorons si certains points de l’ordre du jour sont pour avis ou pour information, tel que l’exige le cadre réglementaire d’un CSA FS.

Constats RH alarmants sur le territoire

Concernant les constats RH en lien avec ce territoire, monsieur le président, votre prédécesseure, dès son arrivée, a fait les mêmes constats et a découvert le fonctionnement « en mode dégradé » de ce territoire. Pour la CGT PJJ 93, il devient urgent de cesser de constater et de passer à l’action. En effet, 200 jeunes, potentiellement en danger, sont en attente d’être pris en charge par un service de milieu ouvert. La CGT PJJ rappelle l’obligation de protéger les mineurs et de les prendre en charge dans un délai de cinq jours, obligation réaffirmée dès l’arrivée du nouveau DPJJ.

Ce territoire est réputé difficile. La charge de travail des personnels éducatifs, des psychologues, des adjoints et adjointes administratifs, et des autres corps ne cesse de croître. La pression qui pèse sur les cadres est constante et quotidienne. Nous croisons, lors de nos tournées de services et HMI, des agents épuisés, qui se disent malmenés, incompris, voire abandonnés par leur institution. Depuis plusieurs années, nous fustigeons l’absence d’un réel pilotage territorial. S’il y a pilotage, celui-ci n’est pas suffisamment visible aux yeux des personnels pour que l’on s’en félicite.

UJPE : une réforme imposée

Vous allez présider votre premier CSA FS du 93 dans un contexte marqué par une décision unilatérale et brutale du Garde des Sceaux annonçant la transformation des CEF publics et des UEHC en Unités judiciaires à priorité éducative, autrement dit les UJPE. Deuxième point mis à l’ordre du jour.

Rappelons ici que cette décision a été prise sans concertation avec les professionnels de terrain ainsi qu’avec les organisations syndicales. Cette annonce précipitée a suscité de nombreuses interrogations chez les agents quant à leur devenir, comme si les risques psychosociaux n’étaient pas déjà suffisamment alarmants.

Aussi, nous nous étonnons qu’aucune cartographie ne nous ait été transmise pour avis. En parallèle, les élus du CSA PJJ, qui doit se tenir au mois de février prochain, se sont vus destinataires de la cartographie et de la réorganisation des services du 93. Cette façon de faire nous rappelle sensiblement le fonctionnement de notre gouvernement qui, à coups de 49.3, impose tout et n’importe quoi sans aucune concertation des agents de terrain ni des organisations syndicales.

Aucun bilan, aucune étude d’impact ne semblent avoir été pensés par l’administration. Cette réforme, menée à marche forcée, aura des effets sur l’ensemble des services : milieu ouvert, hébergement, insertion, détention. En avons-nous bien conscience ?

Une priorité éducative de façade

Le Garde des Sceaux peut se targuer aujourd’hui d’avoir inventé un nouveau sigle, les UJPE. Il aurait été préférable qu’il s’interroge sur les réels besoins de notre jeunesse et sur les moyens humains et financiers qu’il entend nous accorder. S’est-il également questionné sur les conséquences qu’engendrera le regroupement de services d’hébergement avec des services de milieu ouvert, ou encore sur le renforcement des mesures de contrôle ? Le taux d’incarcération va-t-il augmenter ? Les UJPE n’ont de priorité éducative que le nom. Cette instance sera sans doute le lieu d’en débattre.

Position de la CGT PJJ 93

Si aujourd’hui nous acceptons de discuter de cette réforme avec vous, la CGT PJJ 93 refusera de cautionner un projet de réforme hors-sol, sans concertation sérieuse. Nous n’accepterons aucune forme de mépris à l’égard du travail des agents, des missions éducatives et du sens de notre travail.

Dialogue social et responsabilités syndicales

Pour finir, et de manière plus générale, nous exigerons de vous, monsieur le président, un climat de dialogue social apaisé et respectueux en cette année d’élections professionnelles. En effet, si nous sommes attachés à la libre expression syndicale, il importe à la CGT PJJ de ne pas traîner dans la boue et ou diffamer quelque agent que ce soit. Malgré nos divergences, nous avons à cœur de ne pas répondre en miroir, parce que nous faisons confiance aux agents et les pensons capables de ne pas prêter attention à des propos calomnieux diffusés ces derniers temps à l’encontre de certains agents. Quand certains siègent et représentent leurs adhérents, d’autres préfèrent, loin des instances pour lesquelles ils ont pourtant été élus, écrire afin de tenter de retrouver une reconnaissance perdue depuis longtemps.

En conclusion, la CGT PJJ rappelle son opposition ferme au modèle des UJPE tel qu’il est présenté : nombre d’ETP en deçà de la hauteur de la mission, rassemblement de plusieurs unités sous une même résidence administrative permettant aux directeurs de considérer que les agents des différents services seraient potentiellement interchangeables, sans frais de mission, et ce malgré une IFSE différente (décret n° 2019-139 du 26 février 2019). Concernant la cartographie du département de la Seine-Saint-Denis, il est plus que nécessaire de rééquilibrer les services en fonction du nombre d’agents.

La CGT PJJ restera mobilisée et vigilante durant cette période incertaine et difficile.

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