Déclaration liminaire – CSA DTPJJ Martinique du 27 mars 2026
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Le dialogue social ne doit pas être un simple tampon sur des décisions déjà entérinées.
Une fois de plus, tout comme notre syndicat national, la section CGT PJJ Martinique s’interroge sur la manière dont cette instance est utilisée par l’administration. Le CSA est censé être un lieu de dialogue social, de transmission de l’information et de consultation des représentants du personnel. Or, trop souvent, il se transforme en simple chambre d’enregistrement de décisions déjà entérinées.
Cette course au résultat et au « meilleur élève » nous apparaît incompatible avec les exigences du dialogue social. Il en est de même d’une dynamique qui s’apparente à une mise en concurrence des services du territoire et à une recherche de performance au détriment des conditions nécessaires à un examen paisible, rigoureux et éclairé des sujets.
Par ailleurs, nous constatons que les documents afférents à l’ordre du jour ont été transmis dans des délais ne permettant pas un examen sérieux et approfondi. Pour rappel, la communication des documents préparatoires s’inscrit dans un cadre réglementaire précis visant à garantir l’exercice effectif du dialogue social. Le non-respect de ces délais porte atteinte à la qualité des travaux du CSA.
La section CGT PJJ Martinique, consciente du contexte particulier dans lequel se tient ce CSA et des enjeux qui y sont attachés, ne saurait pour autant valider les conditions dans lesquelles cette instance est réunie.
Une réforme imposée sans concertation
Concernant la création de l’UJPE du Robert, une question essentielle demeure : les orientations nationales sont-elles réellement adaptées à la réalité de notre territoire.
La réponse apportée par votre méthode est profondément préoccupante. Vous imposez un calendrier contraint, dicté par le ministère, au détriment de toute concertation réelle. Cette précipitation empêche tout travail de fond et toute appropriation par les équipes.
Les faits sont clairs :
- Une accumulation de documents souvent inexploitables ;
- Une volonté manifeste d’imposer un rythme incompatible avec un travail de qualité ;
- Une absence de véritable travail partenarial avec le secteur associatif habilité ;
- Une intensité de travail devenue un facteur majeur de risques psychosociaux ;
- Des pratiques managériales manquant d’homogénéité et de lisibilité ;
- Une perte de sens entre les valeurs du métier et les conditions réelles d’exercice.
Ce fonctionnement est inacceptable. L’ordre du jour de ce CSA confirme, une fois de plus, un simulacre de dialogue social. La CGT refuse d’en être complice.
Nous refusons que des projets structurants soient menés dans la précipitation. Derrière ces réformes administratives, ce sont des réalités concrètes qui sont en jeu : les conditions de travail des agents, l’organisation des services et la qualité de l’accompagnement des jeunes.
Et pourtant, votre priorité est claire : tenir une échéance, le 1er septembre 2026, quelles qu’en soient les conséquences.
Des méthodes qui se répètent
Concernant le déménagement de l’UEAJ, le constat est sans appel : les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Le projet de déménagement de l’UEAJ du Lamentin illustre une nouvelle fois vos méthodes : informations délivrées au compte-gouttes, absence de vision globale, manque de transparence.
Ce fonctionnement est à l’opposé de ce que doit être un véritable dialogue social.
Faut-il également évoquer le déménagement de l’UEMO Atlantique, évoqué de manière insidieuse ? Malgré les alertes répétées, un nouveau projet semble émerger dans la plus grande opacité.
Nous attendons presque les prochaines annonces comme une série à épisodes : « déménagement à la PJJ Martinique ».
La CGT rappelle que les personnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse en Martinique sont déjà fortement sollicités et exercent leurs missions dans des conditions souvent dégradées. Continuer dans cette voie ne peut qu’aggraver ces difficultés.
Au final, en cohérence avec notre organisation nationale qui a rejeté le cahier des charges des UJPE, la CGT PJJ Martinique ne siègera pas dans ce simulacre de dialogue social.
Nous refusons de cautionner des méthodes qui contournent le dialogue social et dégradent les conditions de travail des agents.
Le dialogue social ne se simule pas ; il se construit.