COMPTE RENDU DE LA RENCONTRE À LA DIR GRAND-OUEST DU 11 MAI 2026
COMPTE RENDU DE LA RENCONTRE À LA DIR GRAND-OUEST DU 11 MAI 2026
Le 11 mai 2026, a eu lieu à la Direction Interrégionale Grand Ouest une audience à la demande des Organisations Syndicales (CGT PJJ et SNPES PSU PJJ) avec monsieur LESUEUR, DPJJ.
Il était à Rennes pour installer madame EVELINGER, nouvelle Directrice Interrégionale Grand Ouest et inaugurer les locaux de la nouvelle DIR GO, rue Belle Fontaine à Cesson-Sévigné.
Dans un premier temps, les échanges se sont portés sur une situation particulière d’une agente représentante syndicale (d’une autre région) pour laquelle une procédure disciplinaire est engagée. Il a été rappelé dans ce contexte les craintes quant à une possible discrimination syndicale.
Puis la CGTPJJ a présenté les sujets du Grand-Ouest qui méritent l’attention de la DPJJ et de la Direction interrégionale Grand-Ouest.
Les milieux ouverts sous tensions
Les OS ont mis en évidence la charge de travail des agents.tes en milieu ouvert trop importante depuis le CJPM et la situation de certains services qui sont proches de la grève.
Monsieur LESUEUR admet que le travail en MO a changé, que les résultats de la démarche « Repenser le Milieu Ouvert » l’ont mis bien en évidence et ont permis de ne plus s’inscrire dans le déni.
Pour autant la CGTPJJGO fait remarquer que l’administration n’a publié aucun bilan à la suite de cette démarche RMO, et que les demandes réitérées de baisser les normes de prise en charge ont été balayées.
Le DPJJ argue qu’il a octroyé tous les moyens possibles budgétairement : création de 150 postes d’éducateurs en septembre dans les services de milieu ouvert. Cela représente 9 postes pour la DIR Grand-Ouest.
Pour la CGTPJJGO c’est largement insuffisant (à peine 1 % des effectifs du Grand Ouest), et en totale contradiction avec tous les signaux de mal-être au travail et les besoins réels.
La vérité derrière les chiffres pour le MO
La CGTPJJGO ne cesse de dénoncer la supercherie autour des annonces de « création » de postes d’éducateur en milieu ouvert pour 2026-2027.
En effet, la formule qui consiste à fermer des postes ailleurs, ou de venir uniquement ré-ouvrir des postes que l’administration a elle-même fermés les années précédentes, notamment lors de la création des correspondants d’insertion, ne leurre personne.
Il est à noter qu’en septembre 2026, ce sont 6 postes de correspondant d’insertion qui seront purement et simplement fermés en Grand-Ouest.
La CGTPJJGO n’est pas dupe, aucune « création » de postes en milieu ouvert n’est réellement envisagée, il ne s’agit que de redistributions au compte-goutte qui s’étaleront pendant des années avant que le compte y soit.
Une situation toujours plus préoccupante dans le territoire 44-85
Un échange a eu lieu sur le territoire 44-85, qui subit encore aujourd’hui les conséquences du management territorial passé et est toujours en souffrance (absence de direction, épuisements des professionnels).
Ce territoire manque cruellement de solution d’hébergement depuis la fermeture de trois foyers PJJ à Nantes. Ceci entraîne un déséquilibre majeur pour tous les collègues du Grand-Ouest qui doivent parcourir des centaines de kilomètres afin de trouver un lieu d’accueil, et crée une forme de pression constante sur les UEHC des autres territoires.
La CGTPJJGO dénonce surtout le choix d’avoir maintenu la construction (sortie de terre) d’un nouveau « CEF » associatif à Bellengreville (14), alors qu’il aurait été bien plus pertinent de créer une nouvelle UJPE. D’autant que le secteur de Caen est déjà doté d’une UEHC et d’une UEHD.
Rappelons que ce projet de création de CEF coûte environ 5 millions d’euros et soulève l’opposition des habitants depuis 2023.
Cette orientation vient clairement en contradiction avec les propos du garde des sceaux et à l’encontre des préconisations du rapport sénatorial sur le projet de loi de finances 2026 concernant la PJJ.
Sur les choix à venir en matière de placement pour le Grand-Ouest
Madame EVELINGER indique qu’elle a rencontré les juridictions et que Rouen a des demandes fortes du fait de la suspension d’activité de l’UEHC de Rouen, raison pour laquelle l’implantation d’un CEF à Caen peut répondre à des besoins.
Le DPJJ a répondu sur ce point qu’il n’était pas possible de stopper le projet engagé avec l’association Les Nids à Bellengreville.
Il n’est pas contre l’ouverture des structures d’hébergement quand il y a des besoins. Mais le contexte n’est pas favorable à de tels projets qui demandent des budgets très importants et des créations de postes. Ces projets s’inscrivent sur des années avant de se mettre en œuvre.
Ce à quoi la CGTPJJGO répond que cela fait déjà des années que nous le demandons, il est donc temps de s’y mettre.
Madame EVELINGER entend les difficultés de placement autour de Nantes et souhaite réanimer le secteur associatif conjoint ; selon elle, cela ne réglera pas la totalité des soucis mais peut être un commencement de solution.
Les OS rappellent leur volonté de faire vivre et voir évoluer le Service Public, mais aussi les limites connues du secteur associatif, comme de l’ASE : manque de moyens, manque de formation, recrutements tournants, logique financière, manquements récurrents dans les prises en charge.
La CGTPJJGO refuse toutefois de pointer des responsabilités ailleurs et estime que la Protection Judiciaire de la Jeunesse doit redevenir un acteur principal de la prise en charge des jeunes les plus vulnérables, et il faut s’en donner les moyens.
La santé, la sécurité et les conditions de travail
La CGTPJJ questionne le delta ubuesque entre l’interprétation faite par l’administration pour estimer les effectifs cibles en milieu ouvert et la réalité de terrain.
Les personnels sont en souffrance, avec une explosion des arrêts maladie, des préconisations médicales et des temps partiels thérapeutiques qui ne sont jamais entièrement compensés.
La particularité du Grand-Ouest, avec des agents plutôt âgés et de grandes zones géographiques à couvrir, augmente les risques et les RPS sans que l’administration s’en préoccupe.
Les services de milieu ouvert cumulent des centaines de mesures en attente et pourtant aucune ouverture de postes de titulaires n’est envisagée au regard des besoins.
Les hébergements tournent parfois en sous-effectifs ou sur des contrats précaires.
Tout ceci concourt à une dégradation constante des conditions de travail et donc de la qualité des prises en charge.
La CGTPJJ GO réclame une juste adéquation des moyens aux besoins
Le droit à la NBI
Profitant de la venue du Directeur de la PJJ, la CGTPJJGO a souhaité des précisions concernant la mise en conformité du droit à percevoir la NBI pour les agents des services concernés par les CLS.
Le DPJJ a fait part d’un travail à effectuer avec chaque DIR. Il n’y aura rétroactivité qu’au 1er janvier 2026.
Le DPJJ souhaite que le paiement puisse intervenir sur la paye d’octobre 2026.
Les bureaux dans les tribunaux
Enfin, suite à son préavis de grève du 5 février 2026, la CGTPJJGO demande à ce que des bureaux pour les personnels PJJ dans les tribunaux soient une priorité pour exercer les missions correctement.
Monsieur LESUEUR dit porter ce discours auprès de la DIR.
Un état des lieux a été établi par la DIRGO, nous veillerons au devenir des conditions de travail pour les agents.
Conclusion
En conclusion de cette rencontre, la CGTPJJ Grand-Ouest a le sentiment que les sujets de fond tardent à être réellement traités, et que le Grand-Ouest continuera d’exercer à moyens constants encore longtemps.
Les souffrances des travailleurs semblent bien loin des préoccupations du gestionnaire en chef de la PJJ, plus absorbé par sa réforme des UJPE et « Porter l’Élan », que du sort des personnels et des jeunes.
Face aux conditions de travail dégradées, la CGT-PJJ sera là.
Pour chaque droit.
Pour chaque poste.
Pour chaque agent.