Communiqué de soutien de la CGT PJJ GRAND NORD
Mobilisation des lycéens
Lille, le 06 octobre 2026
COMMUNIQUÉ — Soutien aux lycéennes et lycéens mobilisés
La CGT PJJ Grand Nord apporte son soutien aux jeunes mobilisés et à l’ensemble de celles et ceux qui s’inquiètent de la manière dont le gouvernement répond aux revendications de la jeunesse.
Les jeunes demandent des professeurs, des locaux adaptés et un enseignement qui leur permette d’apprendre et d’évoluer sereinement. Au lieu de les écouter et de les rassurer, les pouvoirs publics répondent par la répression et la force. Les revendications de la jeunesse rejoignent celles des personnels de l’Éducation nationale et, plus largement, des agentes et agents des services publics, fragilisés par des années de choix politiques au service d’intérêts financiers.
Le contrat social n’est pas rempli : l’État abandonne notre jeunesse.
La CGT PJJ Grand Nord condamne le recours à la violence, y compris celle qui ne se voit pas dans les médias : la violence d’un traitement judiciaire qui, selon nous, relève avant tout d’une logique politique d’affichage, sans répondre à une véritable nécessité judiciaire.
Au 5 octobre, depuis le début du mouvement, 177 gardes à vue ont donné lieu à 136 déferrements dans notre région. Au niveau national, c’est 4406 mineurs qui ont été placés en garde à vue pour 1483 poursuites judiciaires dont de très nombreux déferrements.
Des chiffres qui interrogent : cette multiplication des déferrements, menée à un rythme que nous dénonçons comme un véritable traitement à la chaîne, n’a qu’une visée électoraliste et politicienne et ne saurait tenir lieu de réponse éducative ou judiciaire. Elle mobilise les services de la PJJ déjà sous tension en les embolisant davantage, au détriment des suivis en cours et du traitement d’autres situations souvent bien plus graves.
La CGT PJJ Grand Nord ne cautionne ni les dégradations ni les faits délictuels. Mais ceux-ci ne doivent pas servir à discréditer l’ensemble du mouvement. Ils ne sauraient non plus justifier des pratiques et des violences judiciaires inacceptables. Quand un préfet enjoint les parents de « veiller sans délai à ce que le comportement de son enfant se conforme aux lois et aux règlements », nous sommes légitimes à exiger la même exemplarité de la part des agents sous son autorité : « Fais ce que je dis, pas ce que je fais ! »
Nous dénonçons notamment :
– le déferrement de jeunes jusque-là inconnus de la justice, pour lesquels une alternative aux poursuites aurait dû être envisagée ;
– des conditions de garde à vue qui ne respecteraient pas les droits des enfants, notamment l’absence de médecin ou le défaut d’information des parents.
Ce traitement ne respecte ni l’intérêt supérieur de l’enfant ni la primauté de la réponse éducative consacrée par les textes qui encadrent la justice des mineurs. Et que dit la DPJJ à ce sujet ??? Rien, sinon qu’elle décale pour ces raisons la rencontre consacrée à la démarche « Repenser le Milieu Ouvert » prévue le 14 octobre au 26 novembre.
Le nombre exceptionnel de déferrements a contraint les services de la PJJ à une organisation hors norme. La CGT PJJ Grand Nord salue l’engagement des professionnelles et professionnels et partage leur incompréhension, leur inquiétude face à cette réponse sécuritaire, parfois contraire aux droits des mineurs.
Comment retrouver de l’apaisement sans démocratie, sans dialogue social constructif et, surtout, sans moyens ?
Malgré les alertes, le garde des Sceaux reste sourd au mal-être des agentes et agents de la PJJ et poursuit une politique d’affichage sécuritaire.
L’esprit de la loi « casseurs payeurs » devrait aussi s’appliquer à nos institutions :
« Tu casses le service public, tu répares ! »
CGT PJJ GRAND NORD
Tél : 06.52.98.85.89 | Mail : grand-nord\@cgtpjj.fr