Déclaration liminaire de boycott - CSA IR du 3 juillet 2026
Déclaration préliminaire de boycott
CSA Grand Est du 3 juillet 2026
CGT PJJ Grand Est
Madame la Présidente,
La foire aux alertes, mais toujours pas de réponses
Ces derniers temps, c’est la foire aux alertes, la foire aux signalements, la foire aux enquêtes administratives. Les situations préoccupantes se multiplient, les remontées s’accumulent, les agents parlent, écrivent, alertent.
Et pourtant, les réponses, elles, semblent ne venir de nulle part.
Chacun semble jouer sa partition, afficher son rôle, donner l’illusion d’un traitement sérieux des situations. Mais dans les faits, trop souvent, beaucoup ont mis leurs boules Quies. Quand ce ne sont pas carrément des œillères.
Une confiance profondément abîmée
Nous sommes arrivés à un point de saturation où l’écœurement l’emporte désormais sur la confiance. Un point où il nous devient difficile de continuer à siéger dans des instances de dialogue social lorsque les actes attendus ne suivent pas les constats pourtant largement établis.
Nous ne remettons pas en cause les outils qui peuvent être mis en place pour consulter les agents, notamment les questionnaires. Recueillir leur parole, objectiver les difficultés, entendre leur vécu : tout cela peut avoir du sens.
Mais encore faut-il que cette parole soit réellement entendue et suivie d’effets.
Car le problème aujourd’hui est ailleurs : les agents n’ont plus confiance dans la capacité de l’administration à transformer leurs alertes en actions concrètes. Trop souvent, leur parole semble servir avant tout à cocher des cases, à remplir des obligations formelles, à démontrer que “quelque chose a été fait”, sans que cela ne produise d’amélioration réelle de leurs conditions de travail.
Un simulacre d’écoute
Et lorsqu’une partie des réponses au questionnaire sur les risques psychosociaux proposé aux agents de l’inter région Grand Est laisse entendre que tout irait bien sur le territoire, nous ne pouvons nous empêcher de formuler une autre hypothèse : celle que nombre d’agents en souffrance ont tout simplement renoncé à y participer.
Non pas par désintérêt, mais parce qu’ils ne croient plus à l’utilité de ces démarches.
Parce qu’à force d’alerter sans être entendus, à force de parler sans être suivis d’effets, certains finissent par considérer ces espaces non plus comme des lieux d’écoute, mais comme un simulacre d’échange où leur parole ne change, au fond, plus rien.
Quand les agents alertent, quand ils demandent des actes, quand ils attendent des décisions concrètes, il n’y a bien souvent plus personne.
Alors à quoi bon demander aux représentants syndicaux de participer une fois de plus à ce qui ressemble de plus en plus à une mise en scène du dialogue social plutôt qu’à un véritable levier de changement ?
Des alertes restées sans suite
À ce titre, notre organisation syndicale a récemment publié un tract alertant sur plusieurs situations en Moselle ainsi qu’une alerte sur la situation de l’Aube et de la Haute-Marne, qui selon nous, auraient dû conduire à ce que la CGT soit reçue et entendue sur les éléments portés à la connaissance de l’administration.
Par ailleurs, dans ce même cadre, nous avons demandé à être entendus dans les différentes enquêtes administratives actuellement en cours sur le territoire de la Moselle, au regard des éléments dont nous disposons et des saisines qui nous ont été faites. À ce jour, cette demande est restée sans réponse.
Nous souhaitons par ailleurs être reçus dans le cadre d’une audience dans les meilleurs délais, afin de reprendre les éléments pour lesquels nous attendons de vraies réponses, et pour lesquels nous souhaitons connaître le positionnement de l’administration concernant certaines décisions prises.
Le choix du boycott
Dans ces conditions, il nous est aujourd’hui difficile d’accorder une quelconque confiance à une administration qui semble davantage préoccupée par la gestion de ses équilibres internes que par la recherche sincère de la vérité et la protection effective des agents.
C’est pourquoi, en signe de protestation, de lassitude mais aussi d’exigence, notre organisation fait aujourd’hui le choix de boycotter ce CSA.
Parce qu’il arrive un moment où siéger sans être entendu revient à cautionner.
Et cela, nous nous y refusons.
LA CGT PJJ GRAND EST