CRISE EN TERRITOIRE DE MOSELLE
BIENVENUE DANS « QUI VEUT COUVRIR UN DYSFONCTIONNEMENT ? »

CRISE EN TERRITOIRE DE MOSELLE
BIENVENUE DANS « QUI VEUT COUVRIR UN DYSFONCTIONNEMENT ? »
Du divertissement au dysfonctionnement
Il y a des jeux télévisés qu’on aime regarder le soir, tranquillement installé dans son canapé, histoire de penser à autre chose qu’au travail.
On observe alors les alliances secrètes, les stratégies, les retournements de veste, les trahisons de dernière minute et les joueurs prêts à tout pour sauver leur place dans l’aventure. À la fin, chacun essaie de protéger son camp, d’éliminer les gêneurs et surtout… d’éviter l’élimination.
Tant que cela reste à la télévision, cela peut faire sourire.
Le problème, c’est lorsque le divertissement devient un mode de fonctionnement professionnel.
Et à ce petit jeu-là, le territoire de Moselle semble malheureusement avoir développé une véritable expertise.
Un territoire qui s’enfonce depuis des années
Depuis des années, des alertes remontent. Depuis des années, des professionnels dénoncent des dysfonctionnements, des pratiques problématiques, des décisions incohérentes et un cadre de travail progressivement détruit. Depuis des années, éducateurs et cadres de terrain expliquent combien le sens de leurs missions a été abîmé au point que plus personne ne sache réellement qui pilote quoi ni dans quelle direction le territoire avance.
Si l’UEHC de Metz a longtemps été le symbole des dysfonctionnements du territoire de Moselle, il apparaît aujourd’hui, à la lumière du spectacle désolant auquel nous assistons, qu’elle n’en était finalement que le symptôme.
Mais visiblement, dans cette grande émission « Survivor en Moselle », certains bénéficient d’un confortable totem d’immunité.
Car pendant que les signalements s’empilent discrètement dans les coulisses, d’autres semblent surtout occupés à identifier qui parle, qui dénonce et qui ose encore demander des comptes.
Quand ceux qui regardent sous le tapis deviennent le problème
Le plus fascinant reste tout de même le scénario.
Un directeur territorial arrive en septembre 2025, venant au passage bousculer quelques plans de carrière bien installés chez certains qui se voyaient déjà occuper la place. Il commence à entendre les alertes du terrain. La CGT PJJ lui fait remonter de nombreux dysfonctionnements. Des agents parlent enfin. Certains sujets longtemps évités commencent doucement à émerger.
Et là, surprise générale : quelques semaines plus tard, voilà que celui qui commence à regarder sous le tapis devient soudainement accusé de management autoritaire.
Quel timing extraordinaire.
Une coïncidence tellement parfaite qu’elle mériterait presque sa propre émission en prime time.
Le poids du silence et de la peur
Pendant ce temps-là, la parole des professionnels de terrain continue, elle, d’être traitée comme un simple bruit de fond. Pourtant ils sont nombreux à décrire un territoire épuisé par des années de confusion, de tensions et de logiques opaques. Mais ces voix-là ont manifestement moins de poids que celles de ceux qui maîtrisent parfaitement l’art du réseau, de l’influence et du récit bien calibré.
Car dans certains systèmes, il ne faut surtout pas régler les problèmes ; il faut surtout contrôler la manière dont on en parle.
Et malheur à ceux qui viennent déranger l’équilibre fragile de cette mécanique bien huilée.
Aujourd’hui, un climat particulièrement inquiétant semble s’installer sur le territoire. Beaucoup hésitent désormais à parler par peur des conséquences. Une véritable chasse aux sorcières paraît se mettre en place pour identifier les agents qui osent dénoncer les dysfonctionnements.
Pour beaucoup d’agents aujourd’hui, la sentence devient malheureusement irrévocable : épuisement, silence, départs, perte de sens.
La CGT PJJ refuse de voir ce territoire devenir le conseil d’élimination de tous ceux qui osent encore parler.
Parce qu’en Moselle, ce ne sont pas les lanceurs d’alerte qui devraient voir leur flambeau s’éteindre.
Le message envoyé est limpide : si un directeur territorial peut être écarté, alors chacun comprend qu’il peut devenir la prochaine cible.
La CGT exige des réponses
Voilà donc où en est la Moselle.
Un territoire où ceux qui alertent deviennent suspects.
Un territoire où ceux qui questionnent dérangent davantage que les dysfonctionnements eux-mêmes.
Un territoire où remettre du cadre semble parfois plus dangereux que contribuer au chaos.
La CGT PJJ n’a jamais eu vocation à participer à cette mise en scène. Bien au contraire, elle continuera à agir pour que ce spectacle cesse enfin et que le territoire retrouve un fonctionnement sain et transparent.
Nous exigeons que l’ensemble des agents ayant porté des alertes soient entendus rapidement afin que les responsabilités réelles soient enfin établies ; pas celles que certains tentent d’inventer pour protéger un système à bout de souffle.
Nous exigeons également que l’ensemble des organisations syndicales sollicitées à travers les nombreuses alertes remontées sur le territoire soient entendues dans le cadre des enquêtes en cours, lesquelles ne sauraient prétendre être justes, complètes et légitimes si elles étaient menées sans prendre pleinement en compte leur parole et les éléments dont elles disposent.
Et surtout, nous continuerons à dénoncer ce que beaucoup préféreraient voir rester sous silence, afin que le territoire n’ait pas à assister à une énième saison de ce triste spectacle.
Redonner du sens aux missions
Parce que la Moselle mérite mieux qu’un mauvais jeu de stratégie.
Elle mérite enfin de retrouver un cadre clair, du respect, de la sérénité et des conditions de travail dignes ; pour chaque structure, pour chaque professionnel et à tous les niveaux, afin que chacun puisse enfin se reconcentrer sur le seul sujet qui devrait tous nous animer depuis le début : la prise en charge des jeunes et de leurs familles.
Nous invitons tout agent.e du territoire désireux d’échanger avec un représentant de la CGT PJJ Grand Est à nous contacter à l’adresse Grand-Est@cgtpjj.fr.