DÉCLARATION LIMINAIRE DE LA CGT PJJ

CSA Centre-Est – 23 octobre 2026

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DÉCLARATION LIMINAIRE DE LA CGT PJJ

CSA Centre-Est – 23 octobre 2026

Madame la Présidente,

Jeunesse et libertés fondamentales : une démocratie fragilisée

Alors qu’une nouvelle adaptation du roman Les Misérables de Victor Hugo vient de sortir au cinéma, l’actualité du samedi 17 octobre nous renvoie à une étrange ambivalence de notre société : La bourgeoisie célèbre volontiers la révolte du peuple lorsqu’elle appartient à la littérature, mais elle est offusquée lorsque la rébellion devient une réalité qui s’exprime dans la rue.

Les méthodes du maintien du Désordre et les non-réponses politiques aux attentes de la Jeunesse ne permettent pas un retour au calme. La lumière médiatique est braquée sur les dégradations matérielles, mais que dire des blessures dans les chairs et les espoirs de notre Jeunesse ? Les jeunes acceptant les règles du jeu, ne se présentent pas quand une manifestation est interdite, mais l’Etat les pourchasse, que ce soit à la Sorbonne ou à la Bourse du Travail de Lyon, jusque dans leurs assemblées générales. La parole est devenue dangereuse !

Lorsque le gouvernement restreint le droit de manifester, oppose la force à la contestation et disqualifie la colère sociale plutôt que d’en entendre les causes, c’est notre Démocratie elle-même qui se fragilise. La sécurité ne peut devenir le prétexte à une réduction de l’espace démocratique. Le droit de manifester n’est pas une faveur : c’est une liberté fondamentale.

Gavroche, lui, meurt sur les barricades, abandonné par la société. Son destin nous rappelle qu’une jeunesse privée de perspectives est aussi le symptôme d’un échec collectif.

Transition écologique : des changements collectifs plutôt que des responsabilités individuelles

La transition écologique constitue un enjeu majeur pour l’avenir de notre planète, auquel notre administration se propose de participer sans aucune radicalité. Les quelques propositions ne peuvent toutefois reposer essentiellement sur la responsabilisation individuelle des agents, ni se traduire par une accumulation de gestes quotidiens dont les effets resteraient limités si les conditions matérielles et l’organisation du travail ne permettent pas de véritables changements.

Nous souhaitons donc que cette feuille de route repose davantage sur une approche collective, structurelle et adaptée aux réalités des services.

Ainsi, les caractéristiques des bâtiments, leur performance énergétique, les équipements disponibles, les contraintes d’accueil et les besoins liés aux missions éducatives doivent être pris en compte. Il ne serait ni réaliste ni équitable de demander à tous les services d’appliquer des solutions identiques, indépendamment de leurs contraintes géographiques, matérielles et professionnelles.

CIA 2026 : la reconnaissance des agents ne peut se résumer à une prime individuelle

Faire le bilan du CIA 2026 nous semble essentiel.

Ceci dit, nous rappelons que la CGTPJJ revendique avant tout une revalorisation du traitement de l’ensemble des agents. Une prime individuelle ne saurait se substituer à une politique salariale ambitieuse, pérenne et équitable. Elle ne doit pas non plus conduire à reproduire, dans la fonction publique, les effets négatifs d’une mise en concurrence des personnels inspirée de certaines pratiques du secteur privé.

Les agents doivent pouvoir comprendre le montant qui leur est attribué, connaître les éléments qui ont été retenus pour le déterminer et, lorsque le dispositif le permet, identifier les objectifs professionnels susceptibles d’être valorisés à l’avenir.

Encore faut-il que ces objectifs soient explicites, réalistes, compatibles avec les missions confiées et évalués selon des critères objectifs.

Le véritable hommage à Victor Hugo ne consiste pas à applaudir son œuvre, mais à regarder en face la réalité qu’elle dénonce.

On ne protège pas la jeunesse en étouffant sa parole.

On ne réussit pas la transition écologique en faisant peser la responsabilité sur les seuls individus.

On ne reconnaît pas l’engagement des agents en les mettant en concurrence.

Notre engagement syndical, c’est de refuser que les inégalités deviennent une fatalité et que l’absence de moyens soit une norme.

Car, au fond, la question demeure : voulons-nous simplement administrer les misères de notre société, ou nous donner enfin les moyens de les combattre ?

CGT PJJ Centre-Est
Cgtpjj.centre.est@gmail.com
www.cgtpjj.fr

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