ENPJJ : Postes aux sortants d’école : Ce que l’on gagne à ouvrir, ce que l’on perd à contraindre

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À la PJJ, certaines règles ne sont jamais vraiment discutées, mais appliquées avec constance. Parmi elles, une mécanique bien connue : à chaque sortie de promotion, le nombre de postes ouverts s’aligne, peu ou prou, sur le nombre de stagiaires. Sur le papier, cela ressemble à de la gestion. Dans les faits, c’est surtout une manière de décider à la place des futurs titulaires où ils vivront, où ils travailleront, où ils devront s’adapter.

Longtemps, cette logique a pu être admise. Il fallait bien faire tourner les services désaffectés, couvrir les territoires peu attractifs, bref répondre aux besoins du service public. Mais ce qui pouvait relever d’un compromis commence aujourd’hui à produire autre chose : De l’instabilité, de l’usure, parfois de la souffrance et au bout du compte un déficit d’attractivité.

Entrer à la PJJ aujourd’hui, c’est déjà accepter un métier qui s’est durci, complexifié et parfois qui fragilise. Y ajouter d’emblée un éloignement subi, loin des proches, loin des repères, c’est créer les conditions d’un déséquilibre durable. Pas pour quelques semaines ni pour des mois mais pour des années. Et ces effets sont désormais trop visibles pour être ignorés :

  • Des collègues qui, à peine arrivés sur leur premier poste, envisagent déjà de repartir, en sollicitant détachements ou mises à disposition.
  • Des demandes de mutation nourries d’espoir qui, les premières années, reste le plus souvent sans réponse.
  • Des arrêts maladies qui témoignent bien souvent d’un mal-être au travail et qui progressivement fissurent l’envie, le sens et l’engagement.

Et pourtant l’administration continue, comme si de rien n’était. Comme si sa doctrine n’avait pas de coût réel pour les agents et les services.
Or, l’administration a déjà su reconnaître l’importance de la stabilité des parcours. Pour les agent·es contractuel·les, devenus lauréats du concours, des choix ont été faits afin de favoriser leur maintien sur leur poste lors de la titularisation, en sécurisant leur ancrage et en pariant sur la continuité.

La question n’est pas seulement technique, elle est profondément politique. Elle dit la place que l’administration accorde aux agents dans cette institution : des professionnels à accompagner, ou des variables à répartir ?

Pourquoi ce raisonnement s’arrête-t-il pour les futurs titulaires ?

Dans un contexte où les concours peinent à attirer, où les équipes sont déjà sous tension, continuer à fermer toutes les opportunités de mobilité à la prise de fonction relève d’un choix. Et ce choix mérite aujourd’hui d’être interrogé.

La CGT-PJJ propose de faire autrement. Pas dans l’abstraction, pas dans l’incantation, mais de manière concrète : ouvrir l’ensemble des postes vacants aux promotions sortantes dans le cadre d’une expérimentation de 3 ans.

Essayer. Regarder. Comparer.

Et ensuite, objectiver : est-ce que les agents restent davantage ? Est-ce que les demandes de mutation diminuent ? Est-ce que la qualité du travail se stabilise ? Et ce qu’il y a moins d’arrêts maladie ?

Parce qu’au fond, la question est assez simple. Est-ce que l’on continue à organiser une forme de contrainte, en espérant qu’elle tienne ? Ou est-ce que l’on fait le pari, raisonnable, que des agents mieux ancrés sont aussi des agents plus stables, plus engagés ?

La CGT-PJJ demande que cette doctrine évolue dès 2026. Et nous demandons que la Direction de la PJJ organise un débat avec toutes les organisations syndicales pour porter nos propositions respectives, pour tenter de sortir d’une doctrine qui, aujourd’hui, montre de sérieuses limites.

Parce qu’à force de vouloir organiser les affectations sans les personnes, on finit souvent par perdre les deux.

La CGT-PJJ rappelle à l’administration que nous avions obtenu, lors de la CAP des non-titularisations en 2025, l’ouverture de discussions en vue d’une révision du règlement intérieur des formations statutaires, aujourd’hui en décalage avec l’arrêté encadrant la titularisation. Notre syndicat demande une nouvelle fois un calendrier sur le sujet.

Alors que les constats sont établis et récurrents, refuser de raisonner ensemble traduirait un défaut d’ouverture à la négociation et un frein aux évolutions nécessaires.

Revendications de la CGT-PJJ

Ouvrir tous les postes vacants aux sortants d’école

Mettre en place une expérimentation sur 3 ans avec un bilan objectivé (mobilité, stabilité, arrêts maladie, attractivité)

Organiser une multilatérale sur la doctrine d’affectation et engager la révision du règlement des formations statutaires

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