DÉCLARATION LIMINAIRE CSA Santé, Sécurité au Travail ENPJJ 02 juin 2026
DÉCLARATION LIMINAIRE
CSA Santé, Sécurité au Travail ENPJJ
02 juin 2026
« L’illusion du changement »
Une création ENPJJ Production
Madame la Présidente,
À l’instar du festival de Cannes, quand l’ENPJJ fait son cinéma, on se demande si « c’est le jour de la marmotte ! », un jour sans fin avec un scénario se répétant sans jamais connaître de dénouement.
Un film où les mêmes dialogues sont prononcés, les mêmes promesses sont faites, les mêmes scènes de tension se rejouent, et où, inlassablement, les mêmes acteurs, nos collègues, jouent le même rôle : celui de croire, espérer, patienter.
Ce film, c’est celui que nous vivons à l’ENPJJ depuis deux ans, depuis votre arrivée.
Le décor, une école moderne, exemplaire ; le pitch : la santé et la sécurité au travail placées au cœur des priorités. Les caméras suivent les discours, les projecteurs éclairent les annonces.
Mais très vite, le scénario dévie et les plans larges sur les réunions de concertation se transforment en plans serrés sur des espaces vidés de sens, dénués de confrontation.
Les dialogues sur la prévention des risques ont été remplacés par des silences assourdissants. Et les effets spéciaux promis, une écoute managériale, des espaces de régulation, des objectifs de travail communs, se sont révélés être de pauvres trucages, des décors en carton-pâte qui s’effritent à la première tempête.
Pour la bande son : « Paroles, paroles » de Dalida et les Poppys « Non, non, rien à changer ».
Le making-of de ces deux dernières années
Scène 1 : Le Document Unique, star fantôme
Un DUERP qui devrait être le script de notre sécurité, où les risques, pourtant bien réels, ne sont que des figurants.
Où en sont les actions pour supprimer ou réduire ces risques ?
Où est la mise à jour du DUERP ?
Quelle transparence dans l’élaboration de cet outil obligatoire relevant entièrement de votre responsabilité ?
Scène 2 : Les Risques Psychosociaux
Un thriller sans fin, un suspense insoutenable : des agents en détresse, harcelés, des équipes épuisées, des alertes qui s’accumulent comme des plans coupés au montage.
Aucune enquête approfondie, pas de contradictoire ; la poussière de ces dossiers que l’on ne veut plus voir commence à s’accumuler sous le tapis rouge.
Quelques réunions où l’on tourne en rond, comme une caméra qui ferait des travellings mais jamais d’arrêt sur image pour cibler les réels responsables des causes de ce naufrage.
L’orchestre continue de jouer pendant que le Titanic coule.
Scène 3 : Les effectifs
Une comédie noire.
Des postes non pourvus, des remplacements qui n’arrivent jamais.
Une direction annonçant des recrutements qui tardent, des réorganisations qui stressent, et au final une insécurité grandissante dans les collectifs de travail.
Scène 4 : La concertation
Un film muet.
Des instances SST qui se tiennent sans les bons acteurs : médecin du travail absent, assistants de prévention oubliés, registres SST ignorés.
Des décisions prises dans l’ombre, comme un scénario réécrit en catimini, sans jamais consulter les principaux concernés.
Le cliffhanger de ce making-of : et maintenant on fait quoi ?
Comme une énième rediffusion de « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? », le public, les agents de l’ENPJJ, s’impatiente.
Certains quittent la salle. D’autres, épuisés, baissent les bras.
Mais nous, représentants de la CGT PJJ, nous refusons que ce film se termine en queue de poisson, ou pire, en tragédie.
Alors aujourd’hui, Madame la Présidente, pour ne pas prolonger cette saga de l’immobilisme, mais que la santé et la sécurité deviennent enfin une réalité, la CGT PJJ exige :
• Un vrai scénario : avec un Plan Stratégique d’Établissement.
• Un casting complet : avec un projet de fonctionnement et une politique RH claire.
• Des rushs transparents : que vous remplissiez votre obligation en matière de DUERP, et que les registres SST ne soient pas relégués à de simples points pour information.
• Un calendrier précis : des instances de dialogue social et des temps de travail autour des registres SST.
La CGT PJJ refuse que les agents sous votre responsabilité soient les figurants d’un film où on leur demande de sourire alors que tout s’effondre.
Deux ans, c’est assez long pour tourner un chef-d’œuvre ou pour réaliser qu’on est en train de gâcher la pellicule.
Madame la Présidente, aujourd’hui nous vous tendons le clap :
• Soit vous changez de scénario, et vous faites de l’ENPJJ un modèle en matière de SST.
• Soit vous assumez d’être la réalisatrice d’un navet, et l’histoire vous en tiendra pour responsable.
À VOUS DE JOUER.
MAIS CETTE FOIS, LA CGT PJJ VEUT VOIR DE L’ACTION.