Comité Social d’Administration

CSA PJJ du 25 septembre 2025

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Malgré l’instabilité politique du moment, cette instance que vous présidez pour la première fois est l’occasion de vous renouveler officiellement nos vœux de bienvenue.
A l’instar des français et de l’intersyndicale qui souhaitent un réel changement de politique en matière de justice sociale, ce premier comité social en votre présence constitue aussi l’occasion de réaffirmer que notre organisation syndicale attend une véritable rupture avec le passé et notamment avec ce qui a été porté par la précédente direction. Nous espérons pouvoir compter sur vous pour impulser un véritable changement de gouvernance garantissant la défense de notre service public, des moyens adaptés, des conditions de travail sereines, et la reconnaissance de nos missions, pour une prise en charge éducative de qualité pour les jeunes et les familles qui nous sont confiés.

Monsieur le directeur, contrairement à ce qu’induisent les dernières réformes de la justice des mineurs imposés par les ex-ministres, et la gouvernance aveugle et sourde de la précédente direction, les agents de la PJJ ne sont pas uniquement des exécutants d’une logique purement sécuritaire.
Les agents de la PJJ, leur mission, et les usagers dont ils s’occupent doivent être reconnus et traités avec le respect et l’ambition sociétale qui leur est dû.
Vous n’êtes pas comptable du passif, mais il vous appartient d’impulser un nouvel élan. Vous ne pouvez pas ignorer que les conditions dégradées ne peuvent plus durer. Si la direction a changé, il doit maintenant y avoir une rupture dans la gestion de la sous-direction des ressources humaines et des relations sociales au sein de votre administration.

Nous avions pu comprendre lors de nos différentes rencontres que vous souhaitiez placer le dialogue social à la PJJ sous de meilleures auspices. Nous nous en réjouissions par avance. Pour autant, l’ordre du jour présenté à ce CSA fait l’effet d’une douche froide, dans la droite ligne de ce que pouvait produire votre prédécesseuse.

Sommes-nous convoqués à un CSA ou à une multilatérale, plus proche d’une conférence de presse que d’une réelle concertation entre l’administration et les représentants du personnel ? Les seuls points pour avis sont des procès-verbaux de précédents CSA, alors que des sujets qui apparaissent plus importants sont juste posés là, pour information, comme s’il vous avait fallu meubler un ordre jour, pour cocher la « case dialogue social ». Notre administration, ses agents, ses missions et ses usagers, méritent mieux que ce simulacre.
Cela débute donc très mal ! Même si nous nous doutons que la composition de cet ordre du jour n’est peut-être pas de votre initiative, cela aurait été une première occasion de prouver votre ambition. Il est encore temps de le faire ! Comme vous avez déjà pu nous l’indiquer : « on a le dialogue social que l’on mérite ». Nous vous prenons au mot.
Concernant la note sur l’hébergement à la résidence de l’ENPJ, elle est très difficilement compréhensible. Selon nous elle reste trop interprétable et il est d’ores et déjà évident que chaque DIR et chaque PTF va en faire une lecture différente. Par ailleurs elle ne résout pas les difficultés rencontrées pour faire valider les transports et les réservations hors résidence. C’est toujours pareil à la PJJ, on compartimente les réponses et les interlocuteurs, on rajoute des empilements de notes, et au final, c’est la formation qui va en pâtir.

Pour la CGT PJJ, le constat est simple :

  • Les agents n’ont pas à payer de leur poche ni pour travailler, ni pour se former.
  • La note doit être réécrite entièrement, ou mieux, abandonnée au profit d’une fiche pratique à destination des agents précisant point par point les démarches à accomplir lorsqu’ils devront aller se former sur le site central.

Concernant le label « Service Public + », nous nous opposons fermement à l’inscription de la PJJ dans cette démarche, comme nous l’avions déjà fait en 2021 s’agissant du recueil de la « satisfaction » des usagers. Quel cynisme de présenter de tel dispositifs « d’évaluations » par les usagers qui se trouvent face aux personnels de terrain, alors que les responsables du massacre de notre administration aux plus hauts échelons ne se mettent jamais en situation d’être eux-mêmes évaluer.

Nous avons toujours milité pour que les mineurs en conflit avec la loi, les mineurs en danger et leurs parents, soient accueillis dans les meilleurs conditions, avec bienveillance et avec tout le respect qui leur est dû. Cependant, notre public est sous aide contrainte. Seule la décision du juge fonde notre action.
Dans ce cadre, quel crédit porter à une évaluation établie par les usagers ? Ceux-ci sont accueillis dans des locaux souvent dégradés, voire à la limite de l’insalubrité. Les équipes sont en sous-effectif, débordées par la modification et la détérioration de leurs conditions de travail. Le sens même du travail éducatif est mis à mal. Les suivis en attente et les délais de mise en œuvre s’allongent sans cesse. Les lieux de placement sont de plus en plus éloignés. Comment dans ces conditions garantir un accompagnement de qualité, et recueillir l’adhésion des usagers, si ce n’est à devoir s’excuser à leur place du manque de responsabilité des décisionnaires qui ont provoqué tant d’incurie ?

Enfin, est-ce que toutes les directions du ministère sont soumises à ces mêmes dispositifs ? Les détenus évaluent-ils de la même manière le travail de l’administration pénitentiaire ou des services pénitentiaires d’insertion de probation ? A-t-on demandé à monsieur Sarkozy s’il est satisfait du travail des agents qui lui ont posé son bracelet électronique ? Les justiciables évaluent-ils l’action des personnels de greffe ou celle des magistrats ? Par extension, les gardés à vue évaluent-ils la réactivité et la disponibilité des OPJ menant les enquêtes ?

Si nous sommes tous attachés à la qualité de l’accueil, la démarche proposée n’a aucun sens. Quelle sera la prochaine étape ? Un nouveau critère CIA ou dans le CREP de l’agent qui tiendra compte de l’évaluation des usagers ? Vous comprenez, monsieur le directeur que nous ne pouvons pas être en accord avec une telle démarche.

Vous l’aurez compris, monsieur le président, il importe que vos mots soient en cohérence avec vos actes. Dans le cas contraire, rien ne changera et effectivement vous aurez le dialogue social que vous mériterez.

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