BOYCOTT CSA PJJ - Déclaration PRELIMINAIRE DU 17 décembre 2025

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Monsieur le président,

La CGT PJJ a accueilli avec beaucoup de réserves les annonces du garde des Sceaux sur la fin des CEF et la création des Unités Judiciaires à Priorité Educative (UJPE). Malheureusement, les premiers éléments présentés la semaine dernière n’ont fait que renforcer nos inquiétudes. Le loup est sorti du bois !

Une réforme sans vision éducative
Malgré un affichage de transformation majeure pour la PJJ, il ne s’agit ni d’une refonte ni d’une ambition nouvelle, mais d’une recomposition à moyens contraints, qui recycle des dispositifs existants sans vision éducative claire.
Faire passer du vieux pour du neuf ne constitue en rien un projet !

Des moyens théoriques, des suppressions bien réelles
Les moyens annoncés pour les UJPE ainsi que les renforts pour le milieu ouvert demeurent à ce stade théoriques, non stabilisés et conditionnés à des arbitrages futurs, tandis que les suppressions d’ETP dans les CEF publics sont, elles, immédiates, chiffrées et bien réelles.
Ce déséquilibre interroge profondément la cohérence et la sincérité du discours institutionnel.

Une gouvernance arbitraire et désorganisée
Sans débat de fond sur les finalités éducatives, les déclinaisons sur les terrains sont loin d’avoir toutes été anticipées. Ce sont finalement les services déconcentrés qui devront s’en débrouiller.
L’arbitraire et la désorganisation deviennent la norme en matière de gouvernance.

Une logique austéritaire
Loin des préconisations des États généraux du placement judiciaire, ce projet s’inscrit surtout dans une logique ministérielle réactionnaire et austéritaire.
Une fois de plus, la justice des mineurs risque d’être sacrifiée sur l’autel d’un calendrier politique et de l’ambition électoraliste d’un ministre.

Une alerte syndicale
La CGT PJJ alerte sur le risque d’une réforme irréfléchie à moyens contraints, reposant sur des redéploiements, des ajustements par les contractuels et une intensification du travail des équipes, sans garanties suffisantes sur la qualité éducative ni sur les conditions de travail.
Une réforme d’une telle ampleur exige une vision, du temps, des moyens réels, des évaluations sérieuses et une construction collective.
À défaut, elle risque de reproduire les erreurs du passé et d’aggraver les fragilités déjà existantes.
**L’arrêt des CEF sonne comme un nouveau plan social.**

La DPJJ et ses agents méritent mieux qu’un coup politique et d’être encore sacrifiés sur l’autel de l’austérité.
La CGT PJJ refuse de cautionner une réforme hors-sol, menée sans concertation sérieuse, au détriment des agents, des missions éducatives et du sens du travail.

Nous exigeons l’arrêt du projet en l’état et l’ouverture d’une véritable concertation nationale, fondée sur des bilans objectivés, des moyens clarifiés et pérennes, et une ambition éducative réelle.
La CGT PJJ restera pleinement mobilisée pour défendre les agents, les missions éducatives et une PJJ fidèle à ses valeurs.

La CGT PJJ ne siègera donc pas à ce CSA !

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