BOYCOTT COMITE SOCIAL D’ADMINISTRATION DE LA PJJ du 8 janvier 2025
Avant toute chose, notre organisation syndicale tient à présenter à tous les professionnels de la PJJ ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2026. La CGT PJJ leur souhaite, ainsi qu’à leurs proches, une excellente année sur les plans personnel et professionnel.
Malheureusement, monsieur le président, s’agissant du dialogue social, l’année ne s’est pas bien terminée et elle ne semble pas, non plus, particulièrement bien débuter.
Le boycott de presque toutes les organisations syndicales représentatives du 1er tour de ce Comité social d’administration des 17 et 18 décembre derniers (pour lire notre précédente déclaration, et clic !) aurait dû entraîner une réaction de votre part.
Pourtant, nous ne constatons aucun changement de cap en cette rentrée. Même ordre du jour et mêmes documents de travail pour ce second tour de CSA PJJ.
Mais on peut aussi évoquer un agenda social tardif qui ne tient pas compte des réalités personnelles et professionnelles des représentants, l’absence de réponses, voire d’accusés de réception, des services de l’administration centrale à certaines sollicitations répétées, le non-respect des procédures d’alertes et des avis votés en instances, ou encore le départ de plusieurs interlocuteurs essentiels de l’administration centrale sans aucune consigne sur la continuité du dialogue social. Autant d’indicateurs qui traduisent, une nouvelle fois, le peu d’importance que la DPJJ accorde aux organisations syndicales.
S’agissant des annonces de création des Unités judiciaires à priorité éducative, malgré les critiques unanimes de toutes les organisations syndicales en décembre, aucun changement de méthode ne nous a été proposé dans l’intervalle.
Pour ce projet, présenté à ce jour dans ses grandes lignes sans aucun bilan, ni étude d’impact, et surtout sans aucune concertation des professionnels et des organisations syndicales, la seule chose que vous nous demandez de voter, c’est son calendrier de mise en œuvre, alors même que l’ensemble des organisations syndicales vous a déjà renvoyé que cette réforme, au-delà du fond, était trop hâtive.
Mais vous n’en démordez pas et continuez sur la même cadence, puisqu’il y a, semble-t-il, un autre calendrier à respecter…
À quoi sert ce vote puisque, même en cas de désaccord, vous passerez outre, comme vous avez pu le faire et comme la précédente direction l’a fait sur plusieurs autres projets, pour la charte de déontologie ou encore la déconcentration des sanctions disciplinaires de 1er groupe ?
Les directions changent mais la méthode, elle, reste la même ! Les avis des organisations syndicales sont méprisés. Vous nous aviez annoncé une rupture avec le passé, force est de constater que rien n’a changé !
Monsieur le président, que servez-vous : les intérêts d’un ministre et ses ambitions présidentielles, ou ceux de toute la PJJ, de ses professionnels et du public accompagné ?
D’autant plus qu’il ne vous aura pas échappé que, depuis mi-décembre, un élément a évolué, ou plutôt n’a guère évolué, question de perception : le budget n’a pas encore été adopté et la loi spéciale a, pour le moment, mis en suspens les 1 600 créations de postes qui étaient prévues pour tout le ministère de la Justice, dont les 70 demandées par la DPJJ, ainsi que les augmentations budgétaires qui devaient permettre des embauches supplémentaires pour toutes les DIR de la PJJ.
Cette réforme va avoir des effets sur les hébergements de la PJJ mais aussi sur tous les services, qu’ils soient de milieu ouvert, d’insertion ou liés à la détention, et cela sans même parler des services judiciaires ou de l’administration pénitentiaire. Il importe que chacun en prenne conscience.
Monsieur le président, il est urgent de prendre le temps de réfléchir aux réels besoins de notre jeunesse et de se donner les moyens pour que l’éducatif de l’UJPE soit une réelle priorité et non le faire-valoir d’un nouveau sigle au glossaire de la PJJ.
À l’inverse, cette réforme à marche forcée exigerait de faire aussi bien, voire mieux, avec moins de moyens. Cela reviendra, une fois encore, pour l’administration, à traiter les collègues contractuels comme une variable d’ajustement.
En proposant de regrouper des services d’hébergement et de milieu ouvert, par exemple, mais surtout en renforçant les mesures de contrôle, comment vont aussi travailler les professionnels de ces différents services ? Comment se préserver d’une augmentation des incarcérations et garantir de bonnes conditions de travail aux agents si votre réforme ne prévoit pas les moyens suffisants pour permettre aux UJPE de fonctionner ?
La CGT PJJ réitère son refus de cette méthode pressurisée qui s’illustre par le travail fourni ces dernières semaines par les DT et les DIR sans aucun cadrage légal ni fil rouge pour les guider. Il en ressort des projections disparates dans lesquelles chaque direction cherche à préserver ses intérêts et ses postes, au détriment de tous les autres travaux en cours.
Que d’incohérences et de mépris pour ces personnels engagés qui n’ont aucune garantie que leur travail sera reconnu s’il ne répond pas à votre logique comptable.
Et pour finir, que dire du plan d’action de la PJJ dont nous n’avons plus aucune nouvelle depuis votre nomination. La création des UJPE ne répond en rien à la pérennité de l’emploi et des missions. Faut-il rappeler qu’une forte mobilisation de la profession avait permis d’aboutir à un engagement de la chancellerie ? Vous n’étiez pas encore le directeur de la PJJ, mais aujourd’hui, cela vous engage sur la continuité et la mise en place de ce plan.
La CGT PJJ refuse de cautionner une réforme hors-sol, menée sans concertation sérieuse, au détriment des agents, des missions éducatives et du sens du travail.
Nous exigeons à nouveau l’arrêt du projet en l’état et l’ouverture d’une véritable concertation nationale, fondée sur des bilans et études objectivés, ainsi que des moyens clarifiés, pérennes et une ambition éducative réelle. La CGT PJJ restera pleinement mobilisée pour défendre les agents, les missions éducatives et une PJJ fidèle à ses valeurs.
Vous l’aurez donc compris, monsieur le président, les mêmes causes entraînent les mêmes conséquences ; la CGT PJJ ne siégera donc pas à ce second tour de CSA !