CSA M : Elle va se détendre la mémère » : le sexisme n’a pas sa place au CSAM

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# « Elle va se détendre la mémère » : le sexisme n’a pas sa place au CSAM

Lors du CSAM du 26 juin, une membre de notre délégation, désignée experte, a été victime de propos sexistes tenus par un élu de la délégation FO / Unité Magistrats, par ailleurs secrétaire général de FO Justice.

Ces propos, que nous considérons comme susceptibles de relever d’un outrage sexiste, n’ont fait l’objet d’aucune réaction à la hauteur de leur gravité de la part de l’administration.

La CGT et le Syndicat de la magistrature, dont les orientations féministes ont été actées lors de leurs congrès respectifs de novembre 2024 et de juin 2026, tiennent à revenir sur le caractère intolérable de tels propos, mais aussi sur l’absence de réponse appropriée qui s’en est suivie, tant de la part de la présidence du CSAM que des directions présentes.

Un sexisme ordinaire jusque dans les instances ministérielles

Loin d’être anecdotique, cet événement s’inscrit dans un contexte plus général de sexisme ordinaire, dont les instances de dialogue social ne sont malheureusement pas exemptes. Le CSA ministériel en offre ici un exemple particulièrement préoccupant.

Alors que notre administration est largement féminisée, force est de constater que ce sont encore trop souvent des hommes qui interrompent, prennent et monopolisent la parole dans nos échanges. Pire encore, comme cela a été le cas ici, certains propos visent directement à faire taire la parole des femmes.

Qu’un tel incident puisse se produire dans l’instance nationale de dialogue social du ministère de la Justice, sans réaction immédiate et sérieuse, dit beaucoup de la réalité du sexisme quotidien auquel sont confrontées les agentes dans leur travail.

L’administration doit garantir un cadre de travail respectueux

Il est de la responsabilité de l’administration de protéger les agent·es contre toute forme de discrimination et de garantir un cadre de travail respectueux pour toutes et tous.

Nous exigeons que ces propos inacceptables soient l’occasion d’une réflexion collective sur le rôle de l’administration dans l’animation des réunions et des instances :

  • empêcher les interruptions intempestives ;
  • sanctionner immédiatement tout propos sexiste ;
  • organiser des tours de parole permettant à chacune et chacun de s’exprimer sereinement ;
  • garantir une répartition équitable de la parole.

L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut pas se limiter à des affichages, à des signatures d’accords ou à des protocoles. Elle doit s’incarner concrètement dans les pratiques de l’administration, y compris dans les espaces de dialogue social.

Le second accord égalité femmes-hommes au sein du ministère de la Justice avait précisément pour objet de rendre cette égalité concrète et perceptible pour l’ensemble des agent·es.

Force est pourtant de constater que, si cette exigence n’est même pas garantie au sein de l’instance la plus haute du ministère, et si les violences sexistes y sont minorées, alors l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles risquent de n’être qu’un affichage.

Le CSAM du 8 juillet boycotté

En introduction du CSA ministériel du 8 juillet, nous avons sollicité un temps d’échange sur les propos tenus lors de la précédente instance.

La secrétaire générale du ministère a indiqué avoir procédé à un « recadrage » après la tenue de ces propos, qu’elle a elle-même qualifiés de « condescendants et sexistes ».

Pour autant, le représentant qui a tenu ces propos ne s’est pas excusé. Au contraire, il s’est présenté comme victime.

Dans ces conditions, la CGT et le Syndicat de la magistrature ont décidé de boycotter la séance, malgré l’importance des sujets inscrits à l’ordre du jour.

Des excuses doivent être présentées

La CGT et le Syndicat de la magistrature exigent que des mesures concrètes soient prises rapidement afin de permettre un exercice serein du dialogue social au sein du ministère de la Justice.

Nous exigeons également que des excuses soient présentées par Force ouvrière et Unité Magistrats pour les propos tenus.

Dans le compte rendu du CSAM du 26 juin, FO Justice écrivait être « toujours du côté des victimes… pas des auteurs ! ».

Nous espérons que cela vaut aussi lorsque l’auteur se trouve dans leurs rangs.

Les élu·es CGT et SM au CSAM du ministère de la Justice

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