Compte rendu des audiences bilatérales DPJJ et RH des 11 et 23 février 2026

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Propos introductif

Lors de ces deux audiences, la CGT PJJ a pu confirmer ce qu’elle déplore lors des différentes instances de dialogue social depuis le changement de direction de la PJJ :

  • Les ambitions affichées par le directeur de la PJJ en matière de dialogue social sont bien éloignées de la réalité de ce qu’elle met en œuvre. L’avis des organisations syndicales est peu pris en considération, notamment en cas de désaccord sur les projets de l’administration centrale ou du garde des Sceaux. Cette situation interroge sur les garanties concrètes du dialogue social et, plus largement, sur la vitalité démocratique au sein de notre administration.
  • La règle de droit semble parfois être contournée au profit de logiques de gestion lorsque cela sert les intérêts de l’administration. Une telle évolution interroge directement le respect de l’État de droit.
  • Les missions et les conditions de travail sont méprisées au profit d’un projet politique sécuritaire. Cela interroge sur les orientations de nos décideurs. Veut-on de simples exécutants, loyaux au pouvoir politique ou des professionnels engagés, avertis et critiques ?

A tout cela, l’avenir répondra à ces interrogations. Pour autant, la CGT PJJ restera vigilante et appelle tous les agents à faire de même, et à s’interroger sur le devenir de notre administration au regard des différents changements que nous traversons ces dernières années.

UJPE

La CGT PJJ a réaffirmé qu’elle n’était pas opposée à une réforme de l’hébergement à la PJJ. A ce jour, notre organisation syndicale considère que les conditions ne sont pas réunies pour garantir son opportunité et son efficacité. Comme lors des États Généraux du Placement, la CGT PJJ continue de porter des revendications ambitieuses pour assurer la qualité de notre service public et des conditions de travail dignes.

Les différentes propositions ne trouvent que peu d’écoute d’une direction de la PJJ qui se retranche quasi systématiquement derrière le manque de moyens. Face à cela, notre position est assumée : tant que les moyens ne sont pas assurés, la réforme ne doit pas s’appliquer.

Néanmoins, la communication de cette réforme semble primer sur sa réussite. Nous sommes désormais certains que celle-ci constitue la principale priorité de la direction de la PJJ, qui ne sera certainement plus là pour en assumer la responsabilité.

Une chose ressort nettement de ces échanges : le projet politique semble désormais l’emporter sur la qualité des missions et sur la prise en compte des intérêts des agents de la PJJ.

Protection fonctionnelle

A l’avenir, la procédure va évoluer puisque l’administration centrale sera directement en copie de la demande afin de pouvoir la traiter plus rapidement.

Enquête administrative de sécurité pour les agents exerçant dans les lieux de détention

L’administration centrale nous a informés de sa réflexion visant à mettre en place une enquête administrative de sécurité pour les agents exerçant dans des lieux de détention, au nom de la lutte contre les risques de corruption.

Or, à ce stade, rien ne permet d’établir l’existence d’une telle dérive à la PJJ, contrairement à d’autres directions du ministère, comme en atteste la nature des procédures disciplinaires engagées ces dernières années.

Ces enquêtes pourraient être conduites par le ministère de l’Intérieur. Toutefois, les modalités concrètes de mise en œuvre de ce dispositif ne nous ont pas été présentées à ce jour.

Les motivations de la DPJJ à porter un tel projet interrogent. Elles font craindre l’introduction d’un dispositif reposant sur des appréciations potentiellement subjectives, qui pourrait, à terme, peser sur les parcours professionnels et contraindre les agents dans leurs choix de mobilité.

Déconcentration des sanctions disciplinaires de 1er groupe

La DPJJ nous informe que le texte est envoyé pour avis au Conseil d’Etat.

Notre organisation syndicale a rappelé son opposition à cette disposition, mais a tout de même défendu que les agents doivent pouvoir bénéficier d’un entretien préalable avec accompagnement syndical s’ils le souhaitent.

Milieu Ouvert

La DPJJ annonce l’ouverture de 150 postes en milieu ouvert, déclinés en 70 créations de postes et 80 redéploiements.

Pour la CGT PJJ, cela reste bien insuffisants pour répondre aux réels besoins de la charge de travail des milieux ouverts et ne répond pas à la question de l’abaissement de normes de prise en charge.

Pour rappel, en juillet 2025, la mission d’appui à la DPJJ relative à l’amélioration de la justice des mineurs a clairement évalué le besoin de 322 postes en milieu ouvert. On est donc loin du compte.

De plus, l’ouverture de 80 postes sans créations d’emplois signifie techniquement que des moyens vont être pris ailleurs et que l’on va davantage recourir aux contractuels.

Pour notre organisation syndicale, cela ne constitue qu’un affichage qui correspond davantage à des pansements qu’à des réelles ambitions d’améliorer les conditions de travail et la qualité des prises en charge.

Budget 2026

L’adoption du budget doit encore être confirmée par le Conseil Constitutionnel. Toutefois, la DPJJ assure que le budget 2026 correspondra globalement à ce qui a été demandé dans le projet de loi de finances.

Les DIR vont donc avoir toute latitude dans les recrutements planifiés.

Notre organisation syndicale a questionné sur les délais de paiement des jours de CET mais aussi sur les forfaits mobilités qui, selon la note du Secrétariat Général du ministère, ne devaient pas être impactés par le retard d’adoption du budget.

L’administration centrale va se rapprocher des différentes DIR afin de faire point et pour que les agents soient informés des délais réels de mise en paiement.

La DPJJ confirme une enveloppe d’environ 2,4 millions d’€ pour régulariser la NBI aux agents qui répondent aux critères d’attribution des décrets. Une audience avec les organisations syndicales est normalement prévue en avril sur le sujet.

La CGT PJJ demande à avoir la cartographie des postes concernés afin de pouvoir faire un travail de vérification le plus rapidement, car tout retard pris correspondra à un manque à gagner pour les agents bénéficiaires.

La CGT PJJ se satisfait que l’administration centrale ait enfin entendue la demande portée par notre organisation syndicale. Toutefois, cela ne règle pas la question de la rétroactivité du paiement et notre organisation syndicale encourage toujours les agents à saisir la juridiction administration pour tenter de l’obtenir.

Reconnaissance de la pénibilité

Nous constatons que l’administration tarde à faire avancer ce dossier que notre organisation syndicale porte avec ténacité depuis plusieurs mois maintenant.

Ce point n’a pas pu être abordé, faute d’éléments sur ce dossier. L’administration centrale s’est engagée à revenir ultérieurement vers la CGT PJJ sur ce point.

Plan d’action de la PJJ

Depuis la nomination du directeur de la PJJ, la CGT PJJ demande la reprise des travaux engagés autour du plan d’action acté par la Chancellerie à la suite du non-renouvellement de nombreux agents contractuels durant l’été 2024.

Ces travaux avaient été interrompus face aux tentatives de dévoiement de ce plan par la DPJJ et à l’absence persistante de transmission d’éléments chiffrés pourtant indispensables à une discussion sérieuse.

Dans ces conditions, les organisations syndicales avaient décidé de conditionner la poursuite des échanges à la communication de ces données.

Le directeur de la PJJ a clairement indiqué qu’il ne donnerait pas suite à ce plan d’action.

Dans le même temps, il s’est dit favorable à l’ouverture de discussions plus générales sur l’attractivité de la PJJ. L’administration centrale évoque néanmoins certaines pistes, telles que la possibilité de CDIsation anticipée pour certains agents occupant des postes peu attractifs, ou encore l’accélération de l’entrée en formation des stagiaires.

Pour la CGT PJJ, l’abandon de ce plan d’action constitue une rupture claire avec les engagements pris par la Chancellerie.

Cette décision méprise à la fois la forte mobilisation des agents lors de l’été 2024, la situation de précarité dans laquelle se trouvent de nombreux contractuels, et les conséquences concrètes de ces choix sur l’organisation des services.

La CGT PJJ continue donc d’exiger la reprise des travaux autour de ce plan d’action et le respect des engagements pris.

La CGT PJJ restera vigilante et continuera de porter les revendications des agents.

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