DÉCLARATION LIMINAIRE CSA Territorial Alpes Vauscluse
DÉCLARATION LIMINAIRE
CSA Territorial
Madame la Directrice Territoriale, mesdames et messieurs les membres du CSA,
Une réforme menée à marche forcée
À l’horizon du 1er septembre 2026, le paysage de l’hébergement public à la PJJ s’apprête à vivre une transformation profonde avec la création des Unités Judiciaires à Priorité Éducative (UJPE).
Si notre organisation ne s’oppose pas par principe à une évolution du dispositif, elle dénonce fermement une réforme menée à marche forcée, sans moyens suffisants, et sans réelle vision pour le service public.
La gestion d’une unité d’hébergement est une mission complexe qui exige une énergie et une présence constante de la part des équipes de direction pour garantir la sécurité et la qualité éducative.
À ce titre, la CGT PJJ revendique la généralisation des mono-unités au niveau national, qui reste une nécessité face à l’exigence de l’hébergement.
Une rupture d’équité sur le territoire
Nous constatons aujourd’hui une rupture d’équité et de bon sens managérial sur notre territoire :
• L’UJPE de Montfavet (ex-CEF) conservera une direction dédiée pour une capacité totale de 13 places (10 en collectif et 3 en diffus).
• Parallèlement, l’UJPE Les Provençales devra gérer 18 places (10 en collectif et 8 en hébergement diversifié) tout en restant rattachée à l’EPEI d’Avignon.
Cela place sous la responsabilité d’un seul directeur cette unité ainsi que l’UEAJ Sud-Vaucluse.
Cette surcharge des directions multisites est intenable.
Seul le modèle de la mono-unité permet de répondre à l’intensité de la prise en charge demandée en UJPE.
Des effectifs rendus invisibles
Nous exprimons une vive inquiétude face à l’évolution du cahier des charges national qui ne mentionne plus de nombre d’agents minimum, mais uniquement des « pôles ».
Ce glissement sémantique est extrêmement dangereux : il permet à l’administration de masquer une volonté d’économies d’échelle au détriment de la présence éducative réelle.
L’administration semble privilégier la réduction des coûts plutôt que la qualité de la prise en charge des jeunes et la préservation des conditions de travail des agents.
Nous alertons également sur la suppression des postes de Responsables d’Unités Éducatives (RUE) au sein des Centres Éducatifs Fermés (CEF) en transformation.
Au niveau national, ce sont 95 postes qui sont supprimés, incluant des personnels éducatifs, de maintenance.
Supprimer des postes d’encadrement de proximité dans des structures aussi sensibles que les futurs UJPE est un non-sens sécuritaire et pédagogique.
Un calendrier imposé sans réelle concertation
Nous dénonçons un calendrier politique extrêmement resserré qui réduit le dialogue social à une simple formalité procédurale.
Les orientations sont déjà actées nationalement, comme en témoigne la publication de la « Nomenclature des services » dès le 10 mars dernier.
Dans notre territoire, les professionnels doivent élaborer des projets complexes dans des délais « éclairs », sans consignes claires et sans véritable concertation des agents de terrain.
Des moyens toujours absents
L’affichage politique ne peut masquer la réalité : cette transformation se fait à moyens constants.
• Santé : Si l’arrivée d’un ETP infirmier est annoncée, nous savons qu’aucun plan de recrutement crédible n’existe pour pallier la tension sur ces métiers.
• Insertion : Les postes de professeurs techniques ne seront effectifs qu’en 2028, bien après l’entrée en vigueur de la réforme.
• Immobilier : Les adaptations nécessaires pour la mixité (aux Provençales) ou la sécurisation (à Montfavet) posent des questions majeures qui ne sont pas anticipées au regard du calendrier imposé.
Conclusion
En fragilisant le secteur public par un manque de moyens, un flou sur les effectifs et une organisation administrative incohérente, l’administration ouvre la voie à un recours croissant au secteur privé (SAH).
La CGT PJJ réaffirme son opposition à ce calendrier et exige un report de la réforme tant que les garanties humaines, managériales, matérielles et statutaires ne seront pas réunies pour assurer la sécurité des agents et la qualité de la prise en charge des mineurs.